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| | C'est en abrégeant la Force du Pouvoir que nous saurons conclure un semblant de Paix. | |
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| Auteur | Message |
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Michel Chasseur de 1ére Classe

SPECIAL: | S | P | E | C | I | A | L | | 4 | 8 | 8 | 3 | 6 | 6 | 5 | Race: Humain
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 | Sujet: Re: C'est en abrégeant la Force du Pouvoir que nous saurons conclure un semblant de Paix. Ven 27 Jan - 19:41 | |
| La situation s'était passé si vite que Michel n'avait pu qu'observer les choses. Il aurait voulu se précipité vers ses armes pour pouvoir abattre la dangereuse goule croqueuse d'homme (Michel aussi était un croqueur d'homme, mais d'une toute autre manière...) mais finalement, voyant les choses s’envenimer, la dizaine de client du petit bar, la plupart armés, avaient sorti leurs flingues, sécurisant la zone.
3 mercenaires à l'allure étrange avaient attrapé la goule, puis le canadien et finalement Emile était arrivé, pointant sa mitraillette sur tout le monde. Michel empoigna le colle de la vieille goule et le colla contre une table. Avec force il le força à ouvrir la bouche, l'étudia, puis fit de même avec les pupilles du demi-mort.
« Fausse alerte... il a encore toute sa tête apparemment... »
Michel dit ça sur un ton presque déçu. Faut dire qu'il aurait aimé coller une balle au milieu du front de la masse puante qui sévissait devant lui. Il relâcha la goule puis attrapa une bouteille d'alcool fort qui traînait sur l'une des tables du bar. Il versa abondamment le liquide sur ses mains et se les lava. Toucher une goule n'était jamais très hygiénique et Michel se méfiait de toutes ces maladies qui peuplaient les TD. Certaines des plus terribles étaient transmises par ces parasites de goules... Emile, toujours en pointant son arme vers Rondeau et les trois mercenaires avança vers Michel.
« C'est toi qui a causé ce bordel Michel ? - Excuse moi Emile, mais en voyant cette goule gesticuler comme un dingue j'ai cru que la nécrose lui était monté à la tête. Tu vois... comme ce vieux Francis. - Ah ouais... Et alors il va pas nous manger le cerveau ? - Non ça va, il a l'air normal, même s'il est bien décomposé et qui a une sale tête de macchabée il est en pleine forme... pour une goule. »
Emile se tourna alors vers la goule putride.
« Qu'est ce qui te prenait à gesticuler comme ça la goule ? T'as des vers dans le cul ? » |
|  | | Balthazar Jones Immigré Américain

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 | Sujet: Re: C'est en abrégeant la Force du Pouvoir que nous saurons conclure un semblant de Paix. Mer 1 Fév - 22:52 | |
| De là où il était, Balthazar ne voyait pas grand chose. Ou plutôt si, il avait un point de vue privilégié sur la cloison en bois et l'énorme cafard d'au moins cinq centimètres qui se promenait dessus. La goule décida aussitôt de l'appeler Gaspard. Gaspard le cafard, et Michel la demoiselle, voilà qui ferait un duo parfait. Il entendit quelques bruits de lutte derrière lui, et Rondeau cria deux trois trucs qu'il ne comprit pas tout à fait. Il avait saisi quelque chose à propos d'une quiche lorraine qui se sentait comme une bamba triste, mais il lui semblait qu'il avait plutôt mal entendu les paroles du Québécois. Quoiqu'il ait dit, cela s'avéra efficace, puisque celui qui le tenait le lâcha. La goule se dégagea, et vit clairement que les trois mercenaires avaient reconnu le duo : ils se balançaient d'un pied à l'autre, hésitants, pesant le pour et le contre. Certes, c'était une occasion en or de se débarrasser des deux énergumènes internationaux casseurs de couilles, mais Émile les avaient à l'œil. À regret, Bleu Blanc et Rouge retournèrent au bar, mais Balthazar et Rondeau ne payaient rien pour attendre.
La goule était en train de s'épousseter et de reconstituer un semblant d'air sérieux sur son visage lorsque pour la deuxième fois en cinq minutes, il fut attrapé par le col et plaqué sur une surface plane : par Michel cette fois, et sur une table ; quelle force dans ce petit corps ! Le vieux pédé lui colla les doigts dans a bouche et lui tripota les yeux, avant d'énoncer son verdict : Balthazar n'était pas fou. Génial, l'ancien cadre n'aurait pas pu s'en rendre compte tout seul, il avait fallu qu'un vieux machin vienne lui fourrer ses extrémités dans des orifices étranges. Et par cela, je veux dire lui mettre les doigts dans la bouche, bien sûr. La grande perche finit par le relâcher, et seul le canon géant de la mitraillette d'Émile empêcha Balthazar de faire sauter les rotules de la farce de la nature (oui, la farce) qu'était Michel. Ce dernier échangea quelques mots avec le garde de la péniche, Balthazar se rapprochant de Rondeau pour le remercier de son aide précieuse.
Mais avant même qu'il n'ait eu le temps d'ouvrir la bouche, Émile lui lança une question dont il ne comprit pas un traître mot. Pris de court et passablement agacé, il bafouilla : - What ? Hein, euh ouais... Oui, de course ! répondit-il au hasard.
Vu leurs tronches horrifiées, ce n'était peut-être pas la bonne réponse. Mais ce coup-ci, personne ne le saisit à la gorge ; coup de chance, sûrement. Il eut le temps de souffler quelques mots à Rondeau avant que Michel ne revienne vers eux. - Thanks kiddo', ya pretty much saved my hide. Screw this old fag... But he's our only guide where we're goin'. Justement, la saucisse géante avec son manteau rapiécé ne tarda pas à débarquer dans leur entourage proche, avec sa démarche de vieux séducteur de film noir. La goule le dévisagea, s'attendant à moitié à des excuses, avant de réaliser qu'il n'en aurait sûrement jamais. Oh, et puis tant pis, il avait vu bien pire dans sa vie de goule.
Et pendant tout ce temps, la péniche continuait de voguer vers le Havre, sur une eau pleine de poulpes mutants, qui pourraient bien attaquer le bateau... Si ça se trouve... On sait jamais, c'est possible hein... |
|  | | Rondeau Québécois Alcoolique

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 | Sujet: Re: C'est en abrégeant la Force du Pouvoir que nous saurons conclure un semblant de Paix. Mer 1 Fév - 23:51 | |
| En gardant le trio dans mon champ de vision, j'me penche et remet le pistolet dans son holster en cuir, après avoir mis le cran de sûreté bien sur. J'ai pas trop envie de me prendre une balle dans la jambe par erreur, et puis bon, c'est moins pratique pour dégommer le premier connard venu. Une petit sécurités, pour me laisser le temps de réfléchir, même si Balthazar faisait le boulot quand faut me calmer. En parlant de cadavre ambulant, je me retourne , et j'me retrouve spectateur d'une scène assez loufoques, mais qui sur le moment me met encore plus en colère. J'sers les points si fort que mes ongles rongées s'enfonce dans le cuir de mes gants. J'me mord les lèvres, essayant de garder un visage calme et serein..ce qui me donne plutôt l'impression d'être constipée. Le visage aussi rouge que celui d'une nonne qui matte un film de culs hollandais, mais en vachement pire. Balth se relève, il à l'air vachement en colère, un peu comme moi, mais en pire. J'veux pas imaginer ma réaction si un vieux connard voulait mettre quelque chose en moi. Et bon, pas besoin de l'imaginer, j'ai fais l'expérience y'a 5 ans. Je recommande pas.
À la réponse de mon pote amer-loque, j'suis pris entre l'hilarité, la honte ou la peur . Disons qu'un Balthazar avec des vers dans les intestins, c'est pas la meilleur recette pour faire des jolies petits rêves tout mignon. Et se balader avec un mec qui à des vers dans le cul, c'est pas super pour la réputation. Quelque part dans mon subconscient, une ampoule de 3 ½ watts s'allume, un semblant de sourire éclaire ma tronche de tombeur, avant de disparaître. Surtout quand je vois la loque ambulante se rapprocher, je glisse un mot à mon partenaire, avec un petit air sarcastique du plus belle effet...
-I'll pass on the screwing, thank you. We can't split up. We watch each others back, alright ?
Je jette mon regard le plus menaçant sur le français, le fusille du regard, l'écarte avec mon imagination, avant de prendre un bain dans son sang et de le répandre dans les Terres comme la bonne parole tandis que je dance la caramba.. Je secoue la tête, je jure sous mon souffle, j'comprend pas mon train de penser. J'me passe la main sur le front, merde merde merde. J'ai l'air bizarre, je garde mon calme avec le talent d'un adolescent qui vient de se faire prendre pendant sa première fois. Je retourne à ma table, m'avachit sur la chaise, qui supporte difficilement mon poids. J'crois entendre des voix, j'men tape. Le temps passe, Michel me regarde, une étincelle dans le regard, les trois connards au bar aussi.. Soudainement, j'me leve, écrasant mon poing sur la table, comme un point d'exclamation à la fin d'une phrase. J'me dirige vers la sortie, j'dois prendre l'air. Au bar, sa converse vivement. J'entends des chaises bougées, enfin, je crois. Je suis centrée vers moi même, retenant en moi une envie de brailler, de défoncer des culs, et de défoncer des yeules à la fois. Je crache du sang sur le plancher, avant de me retrouvée à l'air libre de la capitale. Je m'approche du bord, m'appuie, et vomis le contenue de mon système. Je suis en plein soupire , quand soudainement ma tête est pris par en arrière, et fracasser sur la rambarde en acier rouillée. Mon nez se transforme en rivière , tandis qu'on refait le proccesus deux autre fois, avant que je m'écroule sur le plancher, tenant mon nez ensanglantée. Ma gorge n'emmet aucun son, on me désarme. Je pige pas, ma vision floue.. |
|  | | Michel Chasseur de 1ére Classe

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 | Sujet: Re: C'est en abrégeant la Force du Pouvoir que nous saurons conclure un semblant de Paix. Dim 5 Fév - 16:53 | |
| « What ? Hein, euh ouais... Oui, de course »
Emile passa un regard troublé à Michel, et ce dernier haussa les épaules.
« Il ne parle pas notre langue je crois. - Mais de course hein ? Mais je comprends rien... D'où elle sort cette goule ? - De l'enfer j'en ai bien peur... Méfie toi d'eux Emile, je n'ai pas confiance, garde les d'un coin de l'oeil. »
Emile acquiesça de la tête. Même si les deux hommes ne s’appréciaient pas particulièrement ils avaient chacun apprit à se faire confiance. Depuis qu'il était là Michel avait pas mal aidé dans les traversés de la péniche, sont instinct sauvant souvent la mise à l'équipage face aux dangers de la Seine. La goule reparti vers son ami et Michel les entendit reparler dans leur langue étrangère. Le vieux chasseur revint alors vers eux, cette fois l'air plus sérieux. Il croisa leurs regardes sombres, ils avaient l'air d'en vouloir à Michel, mais celui ci tenait à la sécurité sur le bateau, pourquoi devrait-il s'excuser, il a fait ce qu'il devait faire.
« Vous devriez faire attention. Vous ne savez pas où vous vous rendez. Le chemin que vous empruntez est très dangereux. Nous ne laisserons rien passer... »
Le québécois parti se remettre à sa table, l'air extrêmement troublé, seul la goule resta et c'est donc à elle que Michel s'adressa.
« Tenez vous à carreau, au moindre problème je n'hésiterais pas à tirer sur l'un d'entre vous. »
Il n'avait plus envi de jouer les charmeurs. Son instinct lui disait que se voyage n'allait pas être de tout repos... Il parti se rasseoir à sa table, en récupérant son chaton en train de lécher du whisky qui coulait d'un verre renversé sur une table.
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|  | | Balthazar Jones Immigré Américain

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 | Sujet: Re: C'est en abrégeant la Force du Pouvoir que nous saurons conclure un semblant de Paix. Ven 10 Fév - 15:08 | |
| Rondeau lui avait glissé un mot avant de s'en aller, et Michel avait rajouté son petit avertissement dessus. Le jeune homme alla écraser son respectable popotin sur l'une des chaises en bois, et la goule resta quelques instants en tête à tête avec Michel. Exit les airs doux qu'il arborait avec le Québécois, ou même l'urgence qui avait transparu dans sa voix lorsqu'il l'avait pris pour une goule folle. Non, il le jaugeait, d'une certaine façon. Entre les deux ancêtres, l'ambiance était plus froide que la neige de l'Alaska que Balthazar avait foulée des années plus tôt. Un étrange parallèle naquit un instant entre les deux hommes, le même regard scrutateur, la même tentative d'estimer l'autre. - Tenez vous à carreau, au moindre problème je n'hésiterais pas à tirer sur l'un d'entre vous. Puis, à ces mots, il revint vers la table pour récupérer son animal du diable qui pataugeait dans l'alcool qu'un mouvement brusque avait laissé coulé sur le bois marqué des cigarettes et des verres qui avaient défilé sur sa surface.
Presque à contrecœur, l'ancien cadre l'imita, réajustant son poncho miteux et troué alors qu'il jetait un regard en coin à Rondeau. Le silence était retombé de façon approximative sur le bar, et en moins de dix minutes l'ambiance était revenue, comme si de rien n'était. Enfin, Émile gardait l'œil sur eux, tassé dans l'ombre près de la porte du Rideau. Peut-être les observait-il depuis leur arrivée, mais Balthazar ne mesurait sa présence qu'à partir de ce moment. le souvenir de la mitraillette braquée sur eux était encore un peu trop chaud dans son esprit. La péniche s'avançait sur les flots, laissant rouler la couverture liquide et légèrement radioactive sous son ventre bombé des clients soiffards, du trio funèbre, d'une goule perdue, d'un Québécois franchement agacé et d'un vieux pédé ridicule. Enfin, c'était l'avis de Balthazar, en ce qui concernait Michel. Il s'étonnait toutefois que la Seine eût encore assez de fond pour laisser passer la péniche, et il crut bien qu'ils s'étaient échoués lorsque le fond du navire racla les graviers qui avaient remplacé le lit du fleuve. Par chance, cet épisode s'acheva très vite, et les clients habitués ne semblèrent pas s'en soucier outre mesure, laissant le seul Américain paniquer sur sa chaise. Un silence désagréable s'était installé, et Michel avait quitté leur table. Le Québécois quant à lui ne semblait pas vraiment avoir envie de discuter. La grande perche les gardait toutefois à l'œil, d'un regard perçant qui suffisait à donner la chair de goule. Une sorte de chair de poule pour zombie irradié, si vous voulez.
Balthazar venait de jeter un coup d'œil à son vieux Pipboy-2000, compagnon d'aventure de toujours. Et même si son écran était rayé, crasseux, s'il manquait un bouton — dont il ne s'était jamais servi, même lorsqu'il était là — et que la date indiquait qu'ils étaient en plein mois de novembre, il ne l'avait jamais abandonné. Apparemment, ils étaient en passe de quitter Paris. Il n'y avait pas de hublots dans le Rideau, ou du moins il ne les voyait pas. En eût-il eu qu'il aurait pu s'apercevoir que les hauts immeubles avaient laissé à la place à des constructions à moitié affaissées dans le sable épais parsemé de touffes d'herbes brunes qui caractérisait la quasi-totalité de la surface du globe. Ça et là, une végétation plus humide se dressait fièrement, au bonheur d'un point d'eau éphémère qui se remplissait au hasard des pluies parfois diluviennes. Quant aux rives immédiates, elles étaient boueuses mais néanmoins profondes. Mais malgré leur avancée, le silence s'éternisait. Rondeau n'avait soufflé mot depuis l'incident d'avant, et le trio de mercenaire ne semblait pas bouger du bar. Balthazar se serait bien enfilé un autre verre, mais il ne se sentait pas de faire cracher les sous au jeune homme. À la place, il déterra de son paquetage une cigarette à son image : vieille, tordue et un peu éventrée. Il se la colla au coin du bec, l'alluma et en tira une bouffée sèche. Finalement, alors que la goule écrasait son mégot sur le pauvre bois qui n'avait jamais réclamé tant d'attention, le Québécois abattit son poing sur la table et se leva décidé, malgré son air passablement verdâtre.
Il bouscula une ou deux chaises et se dirigea vers la sortie, manquant certainement d'air dans l'atmosphère confinée du Rideau. La goule ne pouvait lui en vouloir, aussi son attention se reporta sur Michel qui avait lui aussi suivi du regard le départ du jeune homme. Il essaya de faire passer dans son regard un avertissement silencieux, mais celui-ci sembla être arrêté par la barrière du langage entre les deux hommes, et l'expression qui en résulta s'apparentait plutôt à une constipation retenue de la part de la goule. De quoi désarçonner l'homme le plus courageux, quand un cadavre sur patte essaie de communiquer par télépathie avec vous. L'un des membres du trio se dégagea du bar et emboîta le pas à Rondeau. Ah, il aurait du s'en douter ! Il s'astreint à se lever lentement pour porter un secours éventuellement nécessaire à son jeune ami, mais les deux autres lui firent face. Le plus grand des deux, Rouge, le dominait d'une bonne tête, et il ne s'en sortirait pas en un seul morceau s'il lui tapait dessus. Et pour ne rien arranger, le regard brûlant de Michel était apposé comme un fer brûlant sur sa nuque, ses doigts certainement trop proches de la détente. La goule fit un pas sur la gauche pour voir le barrage humain faire de même, et se décala vers la droite avec le même résultat. Oui, bon don ils l'empêchaient de passer volontairement. Il poussa même jusqu'à mettre la main entre eux et tenter de les écarter avec un petit "Excuse me... qui aurait plus eu sa place dans la queue d'une boulangerie que dans le ventre d'une péniche voguant sur les flots irradiés d'un fleuve courant dans le désert.
Il était désormais clair qu'il ne passerait pas. Si ça se trouve, le membre restant du trio était en train de se tailler une nouvelle paire de bottes avec le poil du derrière de Rondeau. L'idée n'enchantait gère la goule, qui tenait quand même au petit Québécois. Enfin, petit... Lui aussi lui envoyait quelques centimètres dans la vue. On parle uniquement de la taille des pieds à la tête, hein. Et bien sûr, il ne pouvait pas les plomber, pas avec Michel et Émile qui le surveillaient. le garde s'approcha d'ailleurs des deux mercenaires et de la goule, avec la ferme intention de désamorcer tout conflit avant qu'il ne commence. Il n'eut pas le temps d'arriver jusqu'à eux : une violente secousse envoya la péniche sur le côté, et si les tables étaient clouées au sol, ce n'était pas le cas des clients qui boulèrent sur le côté. Balthazar se mangea le comptoir dans les côtes, mais bondit sur ses pieds et plongea entre Rouge et Blanc, se ruant vers le pont.
Il déboucha sur un spectacle digne des plus belles lithographies qui illustraient les romans de feu Jules Verne : Rondeau gisait sur le sol, le visage en sang, mais ce n'était pas ce qui l'intéressait. Non, ce qui attirait son attention, c'était la tentacule musculeuse large comme un petit arbre qui s'étaient enroulée autour de la jambe de Bleu et qui venait de l'écraser sur le pont comme une vulgaire chaussette.
Un poulpe géant. Quelle farce, vraiment.
Pourtant, la goule avait bien senti que ce n'était pas son jour en se levant ce matin. Et là, à cette heure inconnue de la journée, ce sentiment se confirmait. Après avoir retrouvé Rondeau, avoir failli y passer au Grand Palais, s'être fait tirer dessus plus que de raison, avoir mangé tour à tour un mur et des doigts de vieux, la goule allait maintenant affronter un céphalopode titanesque qui aurait sans doute arraché une demie-molle au vénérable auteur cité deux paragraphes plus tôt. Le bras musculeux, brun et couvert de grosses ventouses frappa une deuxième fois Bleu sur le pont, emboutissant le bois patiné par le vent, le sable et les bottes : les lattes s'enfoncèrent d'une dizaine de bons centimètres sous le corps du mercenaire, qui pour autant restait cramponné à son arme. L'ancien cadre profita du fait que jouer avec l'un des membres du trio était une activité passionnante pour un poulpe pour se précipiter aux côtés du jeune homme : il était couché sur le côté, le visage en sang, et Balthazar craint un instant qu'il ne fût mort. Mais dans le vacarme que le corps mou de Bleu provoquait dans sa rencontre inopinée avec le fier bâtiment de Joëlle, il put malgré tout s'apercevoir que l'adolescent était en vie. Bon, son nez ressemblait à une souris morte et chauve, mais au moins il respirait. Il balbutia quelque chose à travers les flots de sang qui avaient remplacé la partie basse de son visage, mais la goule ne comprit rien. Mais peut-être était-ce le sang qui battait sourdement à ses oreilles qui avait faussé son ouïe. Balthazar se leva, vindicatif. Au diable Michel, Émile, au diable les clients du Rideau. Au diable Paris, au diable le désert, et au diable Gary qui devait ramener Laura vers Ker Trevedig de son pas à l'image de son maître, las et décharné.
Non, la goule se dressa comme une figure d'airain des anciens temps et dégaina son revolver d'un air sombre avant de le pointer vers le tentacule qui s'agitait dans tous les sens. Finalement, Bleu avait certainement sauvé la vie de Rondeau, mais pas intentionnellement. Et alors qu'Émile débouchait à son tour à l'air libre, Balthazar vida son barillet en direction de l'ami céphalopode. Certes, comme cela il se sentait très impressionnant, mais au final ce n'était rien qu'une goule qui vidait un flingue : pas même assez pour ôter même un soupire d'aise à une catin peu demandeuse. Des six balles qui jaillirent de la gueule enflammée de l'arme de poing, trois se perdirent dans le vide, l'une d'elle ricocha avec un tintement métallique sur le corps de Bleu, et les deux dernières s'encastrèrent da la chair molle et humide de la bête, faisant éclater le muscle flasque et tremblotant comme de la gelée. L'appendice démoniaque resta suspendu en l'air quelques instants, comme un doigt tendu dans les airs, puis relâcha sa prise sur le mercenaire et tomba à la renverse dans l'eau boueuse du cour d'eau plus profond qu'il ne le semblait.
Tout à son aise, Balthazar fit tournoyer le revolver entre ses doigts, comme dans les vieux films de westerns, et le remit au holster, encore fumant. Il se tourna ensuite vers Émile et les autres clients qui débouchaient à l'air libre. - Yeah ! So, qui est la bosse maintenant? lança-t-il, fier comme un coq irradié qui paraderait dans la basse-cour d'un consanguin au crâne bas. De Rouge et Blanc, nulle trace. En tous cas, leur pote était bel et bien crevé, et même si ce n'était pas du fait du duo anglophone, c'était une bonne chose de faite. La bête avait enfoncé le pont sous les coups répétés du corps du mercenaire, et c'était bien fait pour lui, après tout.
Aussi, quelle ne fut pas la surprise de Balthazar lorsque Bleu se remit sur ses pieds lentement, au milieu du pont légèrement écrasé, même si les dégâts matériels ne nécessiteraient pas plus d'une après-midi pour tout remettre à neuf. Le mercenaire, par contre, ne devrait même pas être encore en vie. Sa tête s'était à plusieurs reprises fracassée contre le bois, la goule l'avait vu de ses yeux vus. Le cou formait d'ailleurs un angle improbable avec le corps ; et si Balthazar avait eu sa dose de trucs pas nets sur sa propre personne, la nuque tordue avait quelque chose de malsain. Le bras droit était disloqué, tandis que le gauche voyait son coude retourné en un angle étrange. Quand à sa jambe droite, elle était enfoncée au niveau du genou comme un jeune arbuste qui ploierait sous la neige. Mais plus curieux, pas une seule goute de sang n'était visible, et le mercenaire ne semblait éprouver au maximum qu'un gêne passagère : sa main était toujours crispée sur le pistolet de Rondeau, et, tendant son corps vers l'arrière, il entreprit de le braquer vers la goule, dont le fusil pendait inutile dans son dos. Avec un peu de chance Émile allait intervenir... Ou il allait se réveiller, car ce n'était qu'un mauvais rêve.
Soudain, dans un fracas de cauchemar, une pluie d'eau glacée, boueuse et radioactive se déversa sur lui alors que retombaient en pluie sur le pont les membres du radpoulpe qui repassait à l'attaque. S'ils n'avaient qu'une cinquantaine de centimètres de diamètres, les appendices étaient largement assez puissants pour réduire un homme à l'était de poupée de chiffon — un homme normal, s'entend. Et aussi, alors que la bête se hissait peu à peu sur le pont du navire, que Rondeau gisait au sol blessé et que Bleu revenait d'entre les morts, Balthazar eut la réaction la plus logique dont il avait fait preuve depuis des années : il poussa un petit cri de surprise efféminé alors qu'Émile prenait les devants pour assurer la protection de la Péniche.
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|  | | Rondeau Québécois Alcoolique

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 | Sujet: Re: C'est en abrégeant la Force du Pouvoir que nous saurons conclure un semblant de Paix. Sam 11 Fév - 2:28 | |
| Gémissement de douleurs, gout métallique dans la gueule, et dans la gorge, le nez aussi sensible que les parties intimes d'une amazone sauvage d'amérique du sud, j'me le cache pas, j'ai le nez en ruine. Enfin, sur le moment, je suis vachement moins lucide. Si je pouvais traduire mon activité cérébrale du moment, sa donnerais un paquet de grognement assez animale, suivit par un rugissement de râge de la virilité +5, avant de se terminer par une plainte pathétique de chiot battu. Faut dire que dèja, en temps normal, c'est la fiesta dans ma tête, alors, là, c'était un giga bordel. Ma vision se rebelle, et mon ouie se suicide à chaque bruits, alors j'vous parle pas des coup de feu de la goule. J'peux pas dire ce qui est pire entre les coups de feu qui flinge mon cerveau et mon nez qui s’amuse à me faire gémir de douleur.
Je sort peu à peu de mon état de semi-conscience, avec difficulté, mes membres font la sourde oreille, j'arrive à lever un bras, mais il se rabaisse de suite. On pourrais comparé mon corps à une voiture à transmission manuel. Il étouffe, j'y vais trop vite, je saigne un peu plus. Je reprend le controle, sens par sens, mon ouie.. enfin, je crois, j'entend des bruits qui me glacerait l'échine en temps normal..suction, qui se raproche, doucement. Un cri, de femme, j'avais une femme à bord ? J'men branle, c'est pas important. Ma vision se remet en place, je vois la tronche horrifié des clients, mon cerveau peine à assimilier l'information. Je tourne la tête, tranquillement, de toute manière , j'arrive pas à faire plus. Et là.. mon corps recoit un coup de pied dans le derrière, mon visage prend une emotion térrifier tandis que je vois, inoxerablement, le truc..se raprocher. Je me lêve, la bateau tangue, je manque de tomber sur le sol. Y'a du sang sur le sol, beaucoup trop. Du sang... du sang merde je vais mourir c'est quoi ce truc un pouple merde putain je veux ma maman ou mon papa j'ai peur peur peur. Il va me manger tout cru, et je vais être digéré , et je vais finir en enfer avec satan et sa bande de méchante madame avec des fouets et des cornes, je veux pas, non non. Je voulais pas être méchant papa.. PUTAIN ! MERDE ! RESAISIS TOI RONDEAU ! C'EST PAS UN NEZ EN SANG, ET UNE SALOPERIE DE ..DE FRUIT DE MER SUR TENTACULE QUI VA TE FAIRE FLANCHER ! T'ES UN VAINCEUR, UN HÉRO MEC ! IMAGINE LA TRONCHE DES NANAS ! Je secoue la tête, me donnant une mal de tête titanesque, je vais vomir.. Je sers les points, je cri ma rage comme un dément, sa fait du bien fou. Et là, je réalise enfin que je suis entre une horde de mec armée..et un crustacé géants. Mon cerveau arrive pas à se bouger , mon corps, gelée comme de la glâce, je fixe le monstre.. j'me sens devenir de plus en plus petit, merde ! PAS MAINTENANT !
Une tentacule ondule dans ma direction, je bouge toujours pas, comme ..hypnotisée par la chose. Elle s'éleve, comme une masse qui s'apprete à me fendre le crane. Le temps s'arrête, je saute par en arrière, la tentacule défonce les planches en face de moi, mon visage se retrouve couvert d'égratignure de copeau de bois. Je remarque même pas Bleu, qui survit par je ne sais quel miracle. Je réalise que j'ai pas de d'arme, et que le truc prend de plus en plus de place sur le pont. Sa avance..le groupe ouvre le feu, elle avance, ils recules. Les tentacules fouettes l'air, et une idée germe dans mon esprit. Dans mon esprit détraquer, qui ne comprend plus la notion de logique, ou de self preservation. Je contourne la bête, étant à sa droite, je ramasse un vieux morceau de planche , et le balance avec la force d'une boxeuse belge . La bête stop son avancée. Elle avance vers moi. Je recule vers la rambarde, je réalise mon plan stupide. Je recule, je sens l'odeur de la mort, ou c'était celle du crustacés maléfique. J'ai le dos à la rambarde rouillée, je regarde l'eau, j'me dit que j'ai pas envie de tomber... quand la rembarde lâche sous la pression de mon corps, et je bascule, ma main attrapant la première chose disponible.. un truc assez.. gluant et.. merde.. |
|  | | Balthazar Jones Immigré Américain

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 | Sujet: Re: C'est en abrégeant la Force du Pouvoir que nous saurons conclure un semblant de Paix. Lun 20 Fév - 19:22 | |
| Alors que le céphalopode géant déchaînait sa colère sur le pont de la péniche, Balthazar improvisait des petits pas d'esquive que n'aurait pas reniés une danseuse étoile. De son côté Émile avait pris les devants, lâchant une salve de balles qui sectionnèrent net un des tentacules de la bête, qui le rétracta avec le même bruit que quelqu'un qui aspire des spaghettis. Rondeau s'était relevé et attaquait le monstre avec une planche en bois, tandis que le reste de l'équipage attaquait l'envahisseur avec qui des gaffes improvisées, qui des armes à feu. Bleu continuait à avancer vers la goule, ignorant le chaos qui se déchaînait autour de lui, traînant sa carcasse déformée et tentant de braquer son ennemi. Il finit par y arriver, et le coup de feu partit, frôlant la tête de Balthazar à l'endroit où aurait du se trouver son oreille. Le vrombissement de la balle près de son organe auditif détourna son attention de la chorégraphie anti-poulpe qu'il improvisait. Lorsque son regard se reposa sur l'erreur de la nature qui lui tirait dessus, il réprima un haut le cœur, leva son revolver, magnanime, et lui accorda une mort bien mérité en pressant la détente, prêt à voir la tête exploser comme elle le devait. Oui, sauf qu'un flingue, ça se recharge normalement. Là, le percuteur retomba avec un petit clic amusant, mais aucune balle ne jaillit du canon, prête à faire voler en éclat une boîte crânienne, et pour cause : le barillet était plus vide que les couilles d'un acteur de Luigi. La bouche de la goule s'étira en une grimace sans équivoque, tandis qu'une balle faisait voler en éclat le bois entre ses pieds et qu'un tentacule balayait l'air au dessus de lui, engageant un nouveau tour de danse improvisée. De son côté, le poulpe était mis à mal par les hommes de la Péniche — et les femmes aussi hein, pas de sexisme — et la bête tentait maintenant de dégager sa masse gélatineuse de l'avant du pont où elle était montée comme une idiote. Mais les pointes des gaffes mordaient la peau humide, déchirant les muscles et versant des flots d'un sang qui faisait penser à de la gélatine alimentaire. Tandis que la bête détournait son attention de la goule, celle-ci dégaina le LR6 et tira deux salves de plasma dans le torse de Bleu, qui tomba à la renverse, sa poitrine grésillante. Le tentacule s'était immobilisé au sol, comme tendu : alors, avec un sourire, la goule écrasa le canon brûlant du revolver sur le bras gélatineux, et le regarda se rétracter en quatrième vitesse, une marque de brûlure monstrueuse ornant sa surface. Mais alors que le tentacule traînait vers son hôte, la goule aperçut Rondeau cramponné à une ventouse, qui traînait lui aussi sur le pont derrière l'appendice monstreux. L'un des hommes abattit une lourde hache sur celui-ci, le sectionnant net, et le Québécois se retrouva allongé sur le ventre, serrant le tentacule dans ses bras, aux pieds de Balthazar. Et pendant ce temps, le reste des hommes continuait à harceler la bête... | Spoiler: | | | Rondeau, je crois que dans ton post tu peux achever le calamar. | |
|  | | Rondeau Québécois Alcoolique

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 | Sujet: Re: C'est en abrégeant la Force du Pouvoir que nous saurons conclure un semblant de Paix. Lun 20 Fév - 22:51 | |
| Après mure réflection, je suis pas certain si j'aurais pas mieux fais de faire un saut de l'ange dans la flotte. Disons quand ce moment, je sais pas si c'est moi qui tenais la ventouse, ou la ventouse qui me tenait. Sur le coup, mes préoccupations sont principalement le contrôle de mes intestins, et de mon estomac. J'ai l'impression de me faire léchouiller par un cabot, mais en 20 fois pire. Je frappe le..truc, tout en jurant et en criant avec la fouge et l'énergie d'une pré-adolescent qui vient de s'envoyer un 6 packs de Redbull. Où, pour faire plus précis, c'est un joli mélange d'énergie du désespoir et d'Adrénaline qui m'anime. Je tente même de mordre la bête, mais disons que le gout indescriptible me fit lâcher prise assez rapidement. Surtout qu'il était juteux le gros ! Je recrache le tout, tout en gesticulant comme un mec qui venait d'apprendre qu'il allait passer une nuit au lit avec une goule.
Et là, révélation, je cesse de bouger, je sens le sol sous moi.. j'ai les yeux fermés, terrifiée. J'suis mort ? Probablement pas, j'entend toujours les coups de feu, avant d'entendre un gros splash. Je reste immobile, une forme dans les bras. J'imagine que c'est une nana, le genre vachement canon, qui fait perdre conscience au nonnes et font bavé les mecs. Même si au fond de mon être, je sais que c'est une jolie tentacule bien mouillée et visqueuse que j'ai contre le ventre. J'ouvre les yeux et repousse le truc avec le dégoût d'une collégienne asiatique, même si avec ma mâchoire carrée et ma tête rasée, j'ai pas vraiment l'air d'une femme, encore loin d'une collégienne ! Et s'est là que je réalise que je suis étendu dans une flaque de sang malodorant qui n'est heureusement pas le mien. Je bouge pas, je soupire, du coin de l'oeil je vois hommes et femmes se congratuler, certain se prenne dans les bras, la grande joie quoi ! On oublie le valeureux canadien.. comme d'hab. Et c'est là que je vois Balthazar, mon éternel partenaire, qui m'aide à me relever. Les deux couillons, toujours ensemble dans la merde. Je le remercie, et tandis que je frotte mon corps meutrie, qui va bientôt être couvert d'hématome, je distingue ce qui était le reste de bleu.. et une soudaine envie de pisser me prend. Avec mon sourire numéro 243, je m'approche de la dépouille, un regard carnassier sur les traits, qu'on peine à distinguer avec tout le sang que j'ai sur la tronche. D'un coup de pied de footballer, je fais voler le masque.. et mon coeur manque un battement, tandis que je retient de peine une exclamation de surprise intense de la mort qui tue des cariboux.... |
|  | | Balthazar Jones Immigré Américain

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 | Sujet: Re: C'est en abrégeant la Force du Pouvoir que nous saurons conclure un semblant de Paix. Sam 25 Fév - 21:01 | |
| La masque à gaz, à peine retenu par une lanière, s'envole dans le soleil de cette belle journée dans les Terres Désolées. Un expression de surprise absolue se peint sur le visage du jeune Québécois ; et surpris, il y a de quoi l'être, vu la tronche du mercenaire à la chemise bleue.
Bon, autant vous prévenir tout de suite : ce qui vient n'est pas beau à voir. Je sais, vous êtes sûrement des gros durs, mais ça, c'est pas de la gnognotte. Disons que pour ramener ça à l'échelle de Balthazar, la goule avait vu pire, mais pas souvent. Quoiqu'un fois il avait rencontrer un type qui s'était fait un garrot avec un élastique pour les cheveux, et essayait de se couper la jambe avec un couteau à viande émoussé. Il était complètement désespéré parce qu'un radscorpion l'avait piqué au pied, et son mollet était déjà tout bleu et enflé par le venin. La goule s'était bien marrée, d'ailleurs. Tout ça pour dire que cette description va vous poursuivre dans vos pires cauchemars. Il est encore temps d'arrêter de lire, de fermer les yeux, de sortir acheter une crème glacée et de continuer votre vie sans embrouilles.
Non ? Alors accrochez vous, parce que sous le masque de Bleu se trouvait...
Bon, je voudrais pas paraître lourd, mais vous voulez vraiment savoir ? Au fond, on s'en fout un peu je pense. Enfin, Balthazar et Rondeau s'en sortaient très bien sans le savoir, l'amerloque avait vécu plus quatre-vingts ans sans entendre parler de ce trio de mercenaires. Donc bon, ce n'était pas une information capitale. Vous voulez vraiment savoir ? Okay, okay, pas la peine de devenir violent. Vous l'auriez su bien assez tôt, de toute façon.
Parce que c'est le problème avec les jeunes de nos jours. Ils veulent tout, tout de suite. Du temps de Balthazar, ah ça c'était différent, y'a pas de doute ma petite dame. Parce que bon, après avoir attendu si longtemps pour voir le visage de ce mercenaire, il pouvait bien attendre quelques minutes de plus. Mais non, Rondeau était impatient comme un puceau qui envisage la possibilité de s'envoyer en l'air et dont le nom est une référence à une civilisation antique disparue parlant Latin. Faire sauter le masque à gaz, comme ça, aucune saveur, aucune découverte de l'inconnue, juste la vérité, dure et brute dans sa face. Et puis, au final, le visage de Bleu avait-il une telle importance ? Il semblait à la goule qu'après l'apocalypse nucléaire, on avait donné une trop grande importance au faciès. Et si Bleu se cachait derrière un masque parce qu'il était moche ? Ou peut-être une goule, comme l'ancien cadre. Une vague de sympathie envers le masqué envahit Balthazar, qui se serait presque fait des remords de lui avoir tiré dessus.
Mais il semblerait que je disgresse légèrement du sujet original, qui concernait la surprise de Rondeau à l'aperçu du visage de Bleu. Car oui, il était surpris, ça je l'ai déjà dit. Mais de là où il était, Balthazar ne pouvait voir pourquoi. C'est pourquoi il s'approcha avec prudence, craignant à tout moment que leur ennemi ne saute sur ses pieds. Il avait toutefois l'air bel et bien mort. Mort ?
Ou désactivé ?
Je pense maintenant qu'il est inutile de faire durer le suspense plus longtemps, et que l'on peut passer à la description du visage de Bleu. Pour faire simple, il s'agissait d'un assemblage de pièces électroniques de toutes tailles et de toutes formes qui formaient vaguement des traits humains. Ce que Balthazar identifia comme le sommet d'un grille pain lui taillait une magnifique "poker face", apportant une touche d'inexpression bienvenue au centre de ce méli-mélo mécanique. La regard de Balthazar se coula le long du cou désormais dégagé, et dont un câble sectionné laissait couler de l'huile. Le torse, éraflé par les balles, était fondu au niveau de la poitrine par le tir de plasma, mettant à jour des circuits électroniques apparemment improvisés à partir de robots ménagers, assemblés autour d'une pile nucléaire un peu oxydée. Les jambes du pantalon, relevées par la chute, laissaient voir des mollets faits comme tout le reste à partir de pièces détachées récupérées ça et là.
Alors c'était donc ça. Bleu était un robot, une création d'un inventeur fou des Terres Désolées, qui avait fait d'un grille-pain une machine à tuer. Balthazar n'eut pas le temps de s'appesantir sur ceci que déjà Michel sortait des entrailles de la péniche, apparemment sans s'intéresser aux alentours, sans porter attention aux restes du poulpe géant, au pont légèrement éraflé (il n'y avait aucun dégâts graves) ou aux quelques blessés qui traînaient un peu partout. |
|  | | Michel Chasseur de 1ére Classe

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 | Sujet: Re: C'est en abrégeant la Force du Pouvoir que nous saurons conclure un semblant de Paix. Mar 28 Fév - 15:37 | |
| Durant toute la bataille contre la poulpe géant Michel resta assis à sa chaise. Des poulpes il en avait vu d'autres au cours de ses traversées de la Seine et n'eut même pas envi d'aller voir le spectacle, à son âge le zoo ne l'intéressait plus beaucoup.
Il se contenta donc de fumer sa cigarette en subissant les remous du navire que causait le poulpe et les bruits insupportables que les hommes dehors faisait en se battant. Michel était divisé entre le rire et l'énervement. Franchement, un petit poulpe de cette taille c'était facile à virer, il suffisait de viser les yeux et il partait. Devant l’incompétence qui régnait dehors Michel avait envi de se moqué mais en même temps de crier. Mais il ne fit ni l'un ni l'autre.« Hum... je vais t'appeler... Félix... Félix le chat ça sonne pas mal... » dit-il en caressant du bout du doigts son petit chaton. Puis dehors le bruit se calma, le poulpe avait semble t'il était maîtrisé. Michel se leva donc, sans oublier cette fois ses armes, son pistolet qu'il remit dans son holster et son fusil qu'il accrocha en bandoulière autour de son buste. On sait jamais avec une goule sur le bateau. Il sorti à l'extérieur, restant dans l'encadrement de la porte pour observer ce qu'il se passait. « Alors on s'amuse les filles ? » Mais personne ne répondit à sa petite phrase assassine, et ce qu'il espérait être une pique bien placée fit un bide. Tous les regards étaient pointés vers l'un des mercenaires qui avait l'air en mauvaise état. " whouha beau gosse... " pensa t-il. Il avança d'un pas. « C'est un androïde ! » Tous tournèrent alors la tête vers Michel, avec à peu prés cette expression. |
|  | | Balthazar Jones Immigré Américain

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 | Sujet: Re: C'est en abrégeant la Force du Pouvoir que nous saurons conclure un semblant de Paix. Mar 13 Mar - 17:31 | |
| | Spoiler: | | | Et voici ma réponse, je suis vraiment super rapide quand il s'agit d'écrire ! |
Michel ouvrit la bouche, et pendant une fraction de seconde — ô, délicieux instant éphémère, voué à disparaître avec l'haleine putride d'un vieux dégingandé engoncé dans son long manteau à son image, miteux — Balthazar crut qu'il allait dire quelque chose d'intelligent. Ç'aurait toutefois été trop demander au cerveau apathique de la vieille crapule qui se contenta d'une lapalissade. - C'est un androïde ! s'exclama-t-il, mi-étonné, mi-ennuyé.
À ces mots, Balthazar ne se sent pas de joie ; Pour donner son avis à soi, il ouvre de larges yeux, et se tourne vers sa proie. Sa bouche s'entrouvrit et dit : - You don't say ? Et alors que les âmes de Lafontaine et Nicolas Cage s'envoyaient en l'air dans ce qui servait d'après-vie aux grands rigolos de ce monde, il reporta son attention sur le tas de ferraille qui avait remplacé Bleu. Personne n'avait paru surpris de sa réplique, et quelqu'un avait même murmuré "repost" derrière lui. De là à savoir ce que ça voulait dire... Le cow-ghoul n'était pas devin, et cette réplique qui lui était venue soudainement, il ne saurait dire d'où lui était venue son inspiration.
La quasi-totalité des marins et poivrots qui avaient combattu le poulpe costaud s'étaient rassemblés autour de Bleu et commentaient à qui mieux mieux, et de son allure, et du fait qu'il ne fonctionnerait plus jamais. Ça, Balthazar espérait bien qu'il ne remarcherait pas ! Ça lui ferait sévèrement mal au cul que le truc se relève encore une fois pour lui plomber les jarrets, avec ce qu'il avait pris dans la tronche. Mais là, il en doutait sérieusement. La goule se pencha un peu en avant histoire de scruter le visage de Rondeau, débout quelques mètres sur sa droite, mais un profil mal rasé s'interposa entre eux avant d'abreuver la carcasse de postillons. Les commentaires d'un ivrogne étant moyennement intéressants, on s'abstiendra de les reporter ici.
Non, en vérité, ce que Balthazar appréhendait, ce serait la réaction des deux autres, Blanc et Rouge, qui ne tardèrent pas à surgir à leur tour du corps de la péniche. Ils approchèrent de l'attroupement, pas un centimètre carré de leur peau visible. Les badauds se scindèrent en deux à leur passage, guettant leur réaction. Et la goule fit de même, dissimulant tant bien que mal la crosse du LR6 derrière sa main décharnée. Le visage bien à l'abri derrière leur masque, ils toisèrent les restes de leur compagnon. S'agissaient-ils de robots eux aussi ? Alors, des androïdes ou des humains ? Là était toute la question. Leur regard défila sur chacun des membres de l'assemblée. L'ambiance était pour la plupart glaciale, sauf bien sûr pour Michel qui comme d'habitude, faisait n'importe quoi. Après ce court intermède, les deux mercenaires s'emparèrent de la carcasse et la traînèrent à l'écart avant de commencer à la trifouiller, débrancher et rebrancher des trucs ; ils le réparaient.
Encore tout terrifié par le tête-à-tête avec le poulpe, Balthazar s'approcha clopin-clopan de Rondeau, ignorant tant bien que mal la saucisse géante nommée Michel. - What are these guys ? You knew one of them was a 'bot ?
| Spoiler: | | | Je pense qu'après la réponse de Rondeau, ce serait bien qu'on arrive au Havre... |
|
|  | | Michel Chasseur de 1ére Classe

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 | Sujet: Re: C'est en abrégeant la Force du Pouvoir que nous saurons conclure un semblant de Paix. Mer 14 Mar - 0:04 | |
| Michel observa la péniche. Ce poulpe géant était peut être plus gros que les autres, les dégats qu'il avait causé étaient important.
"Mais qu'est ce que vous avez foutu ?" s'étonna Michel, l'équipage n'avait pas pour habitude de laisser un poulpe détruire la moitié du vaisseau, le vieux chasseur n'avait jamais encore connu ça dans l'un de ses voyages. Puis Joëlle sorti de sa cabine de pilotage.
"Ce poulpe a vraiment fait beaucoup de dégat... je suis désolé mais je crois que nous n'irons pas plus loin, si on continue on coulera avant d'atteindre Conteneur-sur-mer..."
Michel souria intérieurement contrairement à tous les autres passagers de la péniche, lui avait prit le navire seulement pour les beaux yeux du jeune poète à l'accent envoutant, il n'avait rien à faire à Conteneur... Le navire, en piteux état fit donc marche arrière et retourna sur ses pas pour rentrer à la capitale, là où il pourra être réparé. |
|  | | Balthazar Jones Immigré Américain

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 | Sujet: Re: C'est en abrégeant la Force du Pouvoir que nous saurons conclure un semblant de Paix. Ven 16 Mar - 16:08 | |
| | Spoiler: | | | Bon, un post un petit peu particulier. Suite au désir de Rondeau de mettre son RP entre parenthèses, il m'a autorisé à disposer de son personnage. Tâche dont je m'acquitte ici au mieux. |
- What do you mean, no compensation ? Balthazar venait de s'exclamer en anglais, et ne fit pas attention au regard que lui lança la serveuse. Alors que la péniche venait d'accoster à peu près à son point de départ, la jeune femme leur avait signalé qu'ils étaient amarrés. Et lorsque la goule s'était enquise, avec force bégaiements et détours grammaticaux, s'ils allaient se faire rembourser le billet, elle lui avait signalé sans aucune sympathie qu'il pouvait aller se faire voir. On comprendra alors aisément la réaction de Balthazar. Le voyage s'était déroulé dans le silence le plus total. Les deux amis étaient restés moribonds, et pas un mot n'avait été prononcé, à part que Rondeau lui avait signalé sa surprise quant à la nature robotique de Bleu. Pour le reste, la simple présence de Rouge et Blanc, ainsi que de Michel, les avait dissuadés d'ouvrir la bouche plus que de raison.
Et maintenant, ils apprenaient qu'ils ne seraient pas remboursés. Alors que Rondeau abreuvait la serveuse bien innocente d'injures, le canon d'Émile fit son entrée remarquable dans le coin du champ de vision de Balthazar. Il tira sur la manche du jeune Québécois et désigna le garde du menton. Et c'est ainsi que, non sans un doigt d'honneur à l'intention du reste de la péniche, ils débarquèrent sur les quais de la Seine, à quelques mètres à peine de l'endroit où ils avaient embarqué. Là encore, ils s'abstinrent de paroles. Ils étaient l'un comme l'autre absolument crevés, après une journée remplie plus que de raisons. Et ils étaient de retour à Paris, sur les rotules. Dans le ciel d'un bleu malade, le soleil descendait doucement, dardant de ses rayons la capitale poussiéreuse. D'un pas lourd, ils suivirent la Seine sur une cinquantaine de mètres. Pour être tout à fait honnête, la goule n'avait pas la moindre idée de l'endroit où ils étaient, mais peu lui importait. Ils allaient se trouver un endroit où dormir pour la nuit, et puis ensuite ils aviseraient. Lui passa quand même par l'esprit de recharger ses armes. Il avait évité de le faire dans la péniche, afin d'éviter un autre accident diplomatique majeur.
Alors qu'ils marchaient, il scruta le profil du Québécois. Interdit, la mâchoire serrée sous le chaume de sa barbe naissante, ses paupières réduisaient son regard à sa portion congrue, les deux yeux injectés de sang braqués droit devant lui. Il repensa à Michel ; Rondeau était-il beau ? Sans nul doute l'aurait-il été, avant la guerre. Mais désormais, il était comme tout le monde : crasseux, et surtout imbibé de sang. Il puait, comme Balthazar, comme Michel, comme chacun des enfoirés de la péniche, comme chaque putain de connard de cette planète morte. Il y avait quelque chose de pourri dans l'air, Balthazar pouvait le sentir, même si son nez avait rendu l'âme des années plus tôt, se détachant comme un appendice ridicule, lui pendant au visage pendant quelques jours. L'ancien cadre ressentit le besoin de dire quelque chose. Au moins de briser ce silence qui lui pesait sur l'échine, comme le talon d'un géant qui s'amuserait de voir ces créatures insignifiantes peiner sous leur charge. - Kiddo'... commença-t-il. Il s'interrompit bien vite toutefois, quelque chose n'allait pas. Le regard que lui jeta Rondeau le lui confirma, et ce ne fut qu'un murmure qui s'échappa des lèvres de la goule. - I heard it too...
Musique de circonstances...
Le son avait été infime. À peine remarquable dans l'air lourd de la fin de l'après-midi. Toutefois, aux oreilles du duo, il avait été plus clair que le plus pur des sons de cloche, tintement lugubre dans l'atmosphère parisienne. Les deux comparses interrompirent leur pas et, d'un même mouvement, pivotèrent sur eux-même. Là, devant eux, à une dizaine de mètres, se dressaient Blanc et Rouge. De Bleu, nulle trace. Balthazar ne le saura jamais, mais il avait été définitivement mis hors d'usage par le tir de plasma en plein torse. Ou peut-être était-ce l'œuvre du poulpe géant. Cette fois, il n'était plus question de négocier. Ils se tenaient tous les quatre debout au plein milieu de la rue, et nul n'atteindrait un quelconque abri avant que la fusillade, maintenant imminente, n'éclate. Un rapide coup d'œil confirma au cow-ghoul que le beretta de Rondeau était bien à sa ceinture.
Aussi, sous le soleil de plomb, il frotta son pied sur le béton poussiéreux, assurant ses appuis en vue du défourraillage à venir. Sa main alla se balader près de son revolver tandis qu'il inspirait et expirait profondément. Si l'adolescent dit quelque chose à côté de lui, il n'en entendit rien : le sang qui battait à ses oreilles l'assourdissait plus sûrement qu'aucun autre son. L'atmosphère se fit un degré plus pesant, et comme dans une infâme parodie d'un western, une mouche démesurée vint leur tourner autour. Elle devait faire dans les vingt centimètres, mais s'en alla prestement lorsqu'un radpoisson creva la surface de la Seine et, s'aidant de deux bras courtauds, entreprit de se traîner en travers du champ de tir. Au loin, un kzerta blessé hurla, sa plainte résonnant dans l'air parisien. Pendant une poignée de secondes, l'univers sembla suspendu à ses lèvres, et alors que la bête expira enfin, la machine de mort se mit en place.
D'un commun accord, les quatre duellistes dégainèrent d'un même mouvement. La kalashnikov apparut comme par magie dans les mains de Rondeau, et se mit à cracher le plomb en pétaradant, tressautant comme un animal mourant ; Blanc leva son fusil d'assaut, et la mort s'élança, véloce comme une balle de 5.56. Rouge dégaina en même temps que Balthazar, pour l'un son revolver familier, et pour le mercenaire masqué un pistolet mitrailleur que la goule n'identifia pas. Et les projectiles volaient, voraces, cherchant la chair. Beaucoup ne trouvèrent que du sable, mais l'un d'entre eux frôla le flanc de la goule. En quelques secondes, l'air se trouva surchargé de l'odeur piquante de la poudre comme du son mourant des détonations. Les chargeurs étaient vides, et personne ne faisait mine d'être touché.
Oh, il avait bien vu une ou deux balles toucher les deux cyborgs, mais elles avaient ricoché sans le moindre mal ; l'une d'elle avait même défoncé le masque à gaz de Blanc, qui s'en débarrassa d'un geste rageur, terriblement humain pour un tas de ferraille. Sous l'accessoire, comme Bleu, un visage métallique et inexpressif. La goule tenait à bout de bras le revolver vide, bout de ferraille inoffensif qui quelques secondes plus tôt se prétendait héraut de mort, porteur de la plus sûre des maladies : celle du plomb. À sa bandoulière, moqueuse, une seule balle trônait comme une reine. Le poids réconfortant du LR6 à son flanc droit lui assurait d'avoir toujours un atout en cas de nouvelle fusillade.
Blanc et Rouge marchèrent dans leur direction, leurs armes vides pointées sur le duo international. Balthazar fit de même, mais Rondeau resta sur place. Lorsqu'il se retourna, son ami s'aperçut qu'il avait les dents serrées, le teint cireux. Sa main gauche étaient plaquée sur son abdomen, et entre les doigts incrustés de sable, un sang vermeil se glissait paresseusement. Le jeune homme mit un genou à terre, puis un autre, restant là, affalé. La goule vit la giclée de sang derrière lui, et compris qu'après tout, une balle l'avait bel et bien atteint. Balthazar se précipita vers lui. - You gonna be alright kiddo, it's just a scratch... Hold on... I'll get us out of here ! Il fit mine de lui passer un bras sous les aisselles pour le relever, mais le jeune homme lui fit non de la tête. Il lui parla, ça oui. Il vit clairement les lèvres de celui qui n'était plus un adolescent, mais jamais un homme aux yeux de la vieille goule s'ouvrir, articuler des mots, se refermer. Mais Balthazar n'entendait plus rien. Seul les pas de Blanc et Rouge comptaient désormais. Sûr d'eux, ils alignaient mètre après mètre, et s'ils avaient eu un visage humain, c'eût certainement été un rictus moqueur qui se serait peint dessus. Ils s'arrêtèrent à à peine quelques mètres, et la goule entendit clairement le bruit d'une arme à feu que l'on rechargeait.
Alors, c'était ainsi. C'était ainsi que cela se finissait. Et bien, s'il devait mourir, que ce soit avec Rondeau dans les bras, mais jamais avec une arme pleine, ça non. Il s'astreint au calme. Curieusement, ce ne fut pas dur. Ce fut même plus facile que ça ne l'avait jamais été ces dernières années. L'imminence de la mort avait au moins ça, qu'elle rendait vos pensées plus claires qu'elles ne pouvaient l'être. Ses doigts se refermèrent sur le beretta de Rondeau, qui n'avait pas bougé de sa ceinture. Sa seconde main, il la posa sur la crosse du LR6, savourant le contact familier du bois dans sa paume.
À trois.
Rouge fit un pas en avant.
Un.
Rouge leva son pistolet mitrailleur à hauteur d'épaule.
Deux.
Rouge aligna la silhouette prostrée de Balthazar sur Rondeau dans la mire, et posa un doigt presque aimant sur la gâchette.
Trois.
La goule bondit sur ses pieds et se retourna, tirant avec le pistolet dérobé au jeune homme. La salve de balles atteignit Rouge au torse, le déséquilibrant, et la rafale de pistolet mitrailleur alla se perdre dans le béton. Toujours aussi inexpressif, Blanc se hâtait de recharger son fusil mitrailleur, mais le chargeur lui échappa des doigts dans sa précipitation. Peut-être que ces androïdes n'étaient pas parfaits, après tout.
Rondeau grogna, mais Balthazar n'y prêta guère attention : il vidait le flingue en direction de Rouge, le faisant danser à chaque fois qu'une balle atteignait sa cible. Mais ce qui devait arriver arriva, et le percuteur retomba dans le vide. La goule laissa tomber l'arme et passa le LR6 dans sa main droite, mais là l'impensable arriva. Rondeau s'était remis sur ses pieds, malgré la balle qu'il avait prise dans l'abdomen. Et, poussant un cri bestial qui les ramena tous les quatre aux origines du monde, il chargea Rouge, armé de son seul désespoir et de l'issue certaine d'un combat insensé. Et malgré toute sa nature robotique, le mercenaire ne put rien faire d'autre que d'encaisser la charge dans le ventre. Le jeune homme se mit à le fracasser à main nue, ployant la tôle aussi sûrement que s'il s'agissait de carton. La force des dernières minutes, diront certains. La lutte les mena au bord de la Seine, près du parapet. Et à peine fut passé la première surprise que Balthazar et Blanc se mirent à tirer de plus belle vers le duo engoncé dans ce corps à corps sanglant. Si Rouge rendait coup pour coup, Rondeau ne semblait pas sentir la douleur, et malgré le fait qu'il soit couvert d'ecchymoses, et qu'il ait pris une balle, il continuait à frapper, frapper, encore et toujours. Le robot avait depuis longtemps lâché son pistolet mitrailleur, et faisait de son mieux pour se défendre.
Sombre tableau que celui-ci, avec Blanc et Balthazar qui vidaient leurs armes vers les deux combattants. Deux tirs de plasma vitrifièrent le sol à leurs pieds, mais ils ne semblaient s'en soucier, pris qu'ils étaient dans leur combat bestial. Et l'avantage de l'homme sur la machine prévalut : tout parfait qu'il était, Rouge manquait sérieusement de testostérone et d'adrénaline, deux substances qui saturaient le sang du Québécois. Mais alors que le jeune homme saisissait le robot et continuait de le démantibuler, une balle de Blanc le toucha de nouveau, en pleine poitrine cette fois. Une fleur écarlate s'épanouit au coin de ses lèvres, et la bouche de Balthazar s'ouvrit d'un coup. Rondeau se tourna vers lui, et lui lança comme un sourire. Ou peut-être l'ancien cadre l'imagina-t-il. Il saisit ce qu'il allait faire lorsque leurs regards se croisèrent, et il n'eut pas le temps de crier. Une seconde plus tard, le jeune homme empoignait de nouveau Rouge et, ignorant les coups qui pleuvaient sur lui, l'entraîna avec lui par dessus le parapet. Les deux corps tombèrent dans la Seine, et le courant les emporta loin de la capitale.
Balthazar resta sans voix, le LR6 à la main comme un jouet inutile. Deux minutes plus tôt, il marchait avec Rondeau, et voilà que le jeune homme était... Mort ? Blanc se tourna vers lui, pointa le fusil d'assaut en direction de son crâne. Qu'il tire, après tout, la goule n'en avait cure. Il venait de perdre l'une des rares personnes qu'il considérait comme un ami en ce bas monde. Le cliquetis lui indiqua que le fusil du robot était vide. Il se tourna vers lui, un air infiniment las sur le visage. Il lâcha le LR6 qui tomba dans la poussière, et tira la batte de base-ball de son fils qui pendait à son paquetage. Pendant un instant, il crut voir une expression de peur courir sur le métal immobile du visage de Blanc. Mais c'était ridicule. Le premier coup de batte saisit l'androïde au poignet, et il lâcha le fusil sous le coup. Le second, porté au genou, brisa son articulation selon un angle improbable.
Balthazar aurait aimé qu'il crie, qu'il supplie. Il aurait aimé le voir souffrir. Mais les androïdes ignoraient la douleur, et Blanc ne dit pas un mot alors que la goule lui faisait son affaire. Il ne dit rien lorsque ses câbles furent arrachés, rien lorsque Balthazar réduisit à l'état d'ampoules crevées les diodes qui marquaient ses yeux. En fait, l'aurait-il voulu qu'il n'en aurait pas été capable. Et lorsque la goule s'arrêta enfin, face à la carcasse désossée, Blanc n'avait pas lâché un seul mot.
Le vieux cadre, infiniment las, alla récupérer son LR6, tombé dans la poussière, et son revolver qui gisait près de l'éclaboussure du sang de Rondeau. Il ramassa également le pistolet-mitrailleur de Rouge et le fusil d'assaut de Blanc et les jeta dans la Seine. Il en fit de même avec la carcasse de l'androïde, récupérant uniquement une impressionnante pile à fusion dans un compartiment à la poitrine. Tout s'était déroulé comme dans un rêve. Il ne prendrait pleinement conscience de la mort de Rondeau plus tard. L'heure n'était pas aux pleurs ; il ferait son deuil en même temps que ceux de tous les autres, tous ceux qui étaient morts depuis que les bombes avaient commencé à pleuvoir sur la terre.
En attendant, il était seul. Comme toujours.
Et au milieu de Paris, une vieille goule lasse se mit à marcher sans but, ses pieds traînant soulevant un nuage de poussière à chaque pas.
[- 6 balles de .44] [- 6 piles LR6] [+1 pile à fusion moyenne]
| Spoiler: | | | Bon... C'est fait. J'espère que ça t'ira, Rondeau. J'ai fait de mon mieux, je pense. |
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|  | | Balthazar Jones Immigré Américain

SPECIAL: | S | P | E | C | I | A | L | | 4 | 6 | 3 | 6 | 7 | 6 | 8 | Race: Goule
Caractéristiques Francs: 0 Karma:
   (133/200) Radiation :
   (783/1000)
 | Sujet: Re: C'est en abrégeant la Force du Pouvoir que nous saurons conclure un semblant de Paix. Dim 1 Avr - 15:31 | |
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|  | | | | C'est en abrégeant la Force du Pouvoir que nous saurons conclure un semblant de Paix. | |
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