Le matin se pointait doucement et le ciel commençait à peine à s'illuminer alors qu'il sorti de sa cachette improvisée. Léopold Demets se glissa hors de son trou qu'il avait creusé pour la nuit et recouvert au préalable d'un carton pour éviter la venue de tout gêneurs qui auraient pu troubler son sommeil. Après s'être étiré chaque membres du corps il passa un petit moment à retirer la moindre particule sablonneuse qui incrusté ses vêtements ainsi que ses bottes usées. Une fois cela fait il jeta un rapide coup d'oeil autour de lui. L'endroit était le même qu'hier soir quoi qu'un peu moins glauque qu'en pleine nuit : de petites dunes de sables, de la caillasse, une vieille bâtisse écroulée et quelques arbres morts. Il rassembla rapidement ses affaires et repris sa route vers le sud. Droit vers la capitale qu'il pouvait voir à l'horizon.
Deux heures de marches sur une petite route pleine de nid de poules, deux heures à scruter le paysage pour y distinguer la moindre silhouette humaine, à observer le sol pour y trouver le moindre objet utile, à trifouiller son vieux BEC 2000 dans l'espoir journalier d'arriver à avoir une carte de la région, des infos sur l'endroit ou même la radio (depuis sa naissance il n'a jamais connu quelqu'un ayant réussi à faire vraiment marcher ce bout de métal accroché à son bras, qui affiche en permanence un menu ou le choix s'offre en plusieurs paquets de données traitant de relations humaines, d'astuces pour des emplois d'embauche et autres idioties qu'il avait lu plus d'une dizaine de fois ...). Au bout donc de ces deux heures monotones vint retentir un gargouillis en provenance de son ventre, signe que l'heure du petit déjeuner approchais. Passant une main dans son gros sac kaki, il retira sa sacoche à viande et y regarda son contenu : plus qu'un seul morceau de steak humain, il faudrait bientôt pour un bien refaire le plein dans peu de temps. Il sortit son briquet et l'alluma sous la tranche crue afin de le cuire rapidement et constituer un en-cas. Il eu à peine le temps de finir de mâcher qu'un coup de feu pas si lointain que ça lui fit tourner son regard vers l'est.
Refermant son sac, vérifiant que son pistolet était bien dans la poche et que son couteau était à portée, il se dirigea avec une démarche naturelle vers l'endroit d'ou provenait le son et y vit un homme au prise avec deux jeunes Kzertas biens décidés à eux aussi avoir leur petit déjeuner. Voyant la situation il trottina rapidement vers la scène et sorti son couteau de son étui de cuir, prêt à se jeter dans la mêlée. Le marchand (car il semblait en être un, avec son sac renforcé et ses habits arborant diverses breloques s'entrechoquant au moindre mouvement) tira dans la patte d'une des bêtes tandis que Léopold s'efforçait à fendre l'air et de se donner un air menaçant pour les attirées à lui, ce qui fût couronné de succès car les deux bestioles fondirent sur lui, l'une venant directement s'empaler le buffet sur la lame dentelée, tentant quand même de mordre une extrémité pendant que l'autre faisait le tour, traînant un peu la patte à cause du tir de carabine de la "demoiselle en détresse". En ayant finit du premier monstre il toisa le second, se rapprochant pour être prêt à abattre son poing ferré sur son crâne immonde. Il lança son bras droit dans la tête du Kzerta qui s'affaissa avant de lui perforer le corps par de multiples coups de couteaux.
Se relevant et frottant le sang poisseux collé à son gant, il entendit l'homme derrière lui :
- Hey, ça c'est du talent ! Vous avez appris à faire ça ou ? En tout cas j'vous doit la vie mon bon monsieur ...
- Ce n'est vraiment rien, dit-il en souriant de toutes ses dents, on a beau être dans un monde de dingue il faut parfois s’entraider pas vrai ? Vous allez bien ?
- Oui, oui, tout va bien grâce à vous mon bon monsieur. Au début j'ai cru que j'allais finir bouffer par ces saloperies, et vous êtes arrivé ... Vous êtes vraiment un saint-ho... Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que le gant métallique s'écrasa violemment contre sa trachée-artère, lui coupant nette la respiration et le faisant tomber sur les genoux, au bord de l'asphyxie. Les yeux exorbités de douleur, sa dernière vision fut le poing fatal percutant sa tempe droite. Mort violente, détruisant complètement l'os sphénoïde de la victime comme son cher papa le lui avait bien appris.
La réaction de Lee' ne se fit pas attendre : le rictus se coinça au bord de ses lèvres et son regard brilla d'une petite lueur magique, proche de la passion d'un gourmet avant un bon repas. Il essuya le couteau imprégné de sang de Kzerta sur la chemise du marchant et le dépouilla complètement, lui enlevant la moindre parcelle de vêtements avant de le dépecer presque entièrement, puis il trancha les meilleurs morceaux (il aimait particulièrement les côtes et le foie) et rangea la viande fraîche dans sa sacoche spéciale. Après cela il se mit en tête de fouiller les habits et le sac du marchand pour y chiper quelques outils utiles. Il garda un stimpack, trois canettes de vin, 8 malheureux anneaux et pris le restant des munitions de la carabine qu'il fourra dans sa poche.
Une fois son forfait accomplis il remis sa veste propre, rendossa son lourd sac kaki et repris la route, sifflotant de savoir que la journée commencée bien. Dans quelques heures il serait à Paris ...