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 Réparer le Symbole de sa Foi 5 [Lyriel Divana, Paul ' Polo ' Kerleac'h]

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Paul 'Polo' Kerleac'h
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MessageSujet: Réparer le Symbole de sa Foi 5 [Lyriel Divana, Paul ' Polo ' Kerleac'h]   Mar 14 Déc - 11:53

(Paul et Lyriel viennent de là)


Lyriel semblait à la fois désemparée et furieuse. Son armure n’allait pas être fonctionnelle tout de suite, visiblement. Mais Paul avait une petite idée qui pourrait arranger la situation.

« Je crois savoir où nous pourrons dénicher les machins que Tchin-Tchin vous a demandés, sans parler des câbles que nous avons déjà récupérés dans le métro, sur le vieil écran cassé. Nous pourrions y être en deux heures environ, en marchant normalement. »
« C’est vrai ? Dieu soit loué ! Bravo, Paul, en route ! » dit la Croisée, presque rayonnante.

Pour seule réponse, Paul se retourna vers le Chinois et désigna quelque chose sur l’étal du marchand. Celui-ci fit deux petites courbettes, toujours souriant, et se jeta sur les objets que le prospecteur convoitait. Il les tendit à Paul après avoir encaissé une bonne quarantaine d’anneaux.
Paul revint vers Lyriel avec trois objets vaguement ronds et noirs, et en fourra un dans les mains de la femme blonde. La petite sphère approximative devait peser environ un demi-kilo et tenait dans la main.

« Une grenade à impulsion ? »
« Nous allons dans une ancienne usine, ou quelque chose du genre, que j’avais approché il y a un ou deux ans. J’avais réussi à entrer discrètement mais très vite, des robots-gardiens ont fait leur apparition. J’étais seul et je n’y connaissais pas grand-chose en piratage informatique à ce moment-là. Depuis, j’ai acquis quelques rudiments et nous sommes deux, mais autant se montrer prudent. Ces robots ne m’avaient pas l’air amical, à l’époque. J’ai eu de la chance qu’ils n’aient pas été munis d’armes à distance, sinon j’étais foutu. Voilà pourquoi j’ai acheté des grenades IEM. Une pour vous, deux pour moi. On y va. »

Lyriel hocha la tête en silence, comprenant la prudence de Paul. Ces saloperies blindées n’étaient pas à prendre à la légère…

Ils sortirent de la Gare et bifurquèrent vers le nord-ouest, en plein air. Le soleil du milieu d’après-midi leur chauffait le cuir pendant qu’ils arpentaient les rues silencieuses des ruines de Paris. Sur leur gauche, la Seine était presque statique, figée par les innombrables déchets qui l’encombraient : carcasses de voitures d’avant-guerre, cadavres, vieilles planches… A droite, c’était la désolation. Les immeubles s’avachissaient, menaçant de s’effondrer à tout moment. Leurs façades décrépies étaient pour la plupart couvertes de graffitis faits par des psychotiques, vraisemblablement : entre dessins obscènes et apologie de drogues variées, les messages ne laissaient que peu de doute sur leurs auteurs.

« Soyons prudents. Les rues ne sont pas sûres et ça pue le Psychotique, dans le coin. On va descendre sur les bords de la Seine. On sera un peu moins exposés. »

Paul se dirigea vers un petit escalier qui descendait vers un chemin de béton longeant le fleuve pollué. Lyriel jeta un dernier coup d’œil et le suivit. Contrairement à elle, Paul n’était pas un guerrier et préférait éviter les contacts hostiles aussi souvent que possible. Jeter une mine à la gueule d’une banshee ? Très peu pour lui.
Ils se mirent donc à marcher à côté de l’eau croupie de laquelle se dégageait une odeur de mort. Les cadavres en décomposition, le bois pourri, la rouille, tout ça se mélangeait et refluait à la surface. Mais il valait mieux avoir une petite nausée plutôt que de se faire prendre en embuscade par des toxicomanes en manque de viol sauvage.

Au bout d’un moment, les immeubles ravagés sur leur droite firent place à un paysage de désolation légèrement différent. Le béton fissuré et les constructions écroulées avaient momentanément disparu pour laisser voir une étendue noircie, comme calcinée, hérissée de pointes verticales, agressives, sombres.

« J’ai lu un jour un vieux bouquin illustré qui parlait de cet endroit. Les Tuiles, je crois. Avant, c’était rempli d’arbres, avec des feuilles vertes dessus. Vraiment joli. Maintenant tout a cramé. »

Lyriel écoutait Paul et observait la scène en silence. Cela devait être beau, avant la chute des bombes. Elle aurait certainement aimé se recueillir ici, du temps des feuilles vertes.

« Nous allons bientôt devoir remonter, revenir dans la rue. On va arriver à un grand boulevard. Si tout se passe bien, on sera à l’usine d’ici moins d’une heure. Mais faut pas traîner et faire gaffe. » conseilla Paul.

Ils empruntèrent un escalier et arrivèrent près d’une entrée de métro au-dessus de laquelle un panneau avait survécu et affichait « Concorde ».

« Je vous laisse le choix, Lyriel. On peut passer par en-dessous en se baladant dans le métro, ou on peut aller tout droit, à la surface, vers l’Arc de Triomphe. Mais des individus peu recommandables ont élu domicile là-bas, je crois bien. Un incident s’y est produit récemment, à ce qu’il paraît. »
« Un incident ? » demanda Lyriel.
« J’ai entendu dire que quelque chose s’était écrasé sur l’Arc de Triomphe. Cela me semble dur à avaler, mais je n’ai pas forcément envie de le vérifier par moi-même. Enfin bref, on peut donc prendre ce grand boulevard pendant à peu près un kilomètre et demi, et prendre vers le nord. Si on va plus loin en suivant la route, on risque de faire de mauvaises rencontres. Alors, souterrain ou boulevard ? »



Citation:
Lyriel: +1 Grenade IEM, +10 rads (Seine)
Paul: +2 Grenades IEM, -40 anneaux, +10 rads (Seine)
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MessageSujet: Re: Réparer le Symbole de sa Foi 5 [Lyriel Divana, Paul ' Polo ' Kerleac'h]   Mer 15 Déc - 21:29

- Boulevard ! Déclara-t-elle sans l'once d'une hésitation.
Dans l'esprit de Lyriel, l'avertissement de Paul concernant la surface ne fut qu'une incitation à mener à bien son devoir de Sœur Purificatrice. Défier ces hérétiques de psychotiques au cœur même de leur bastion, l'Arc de Triomphe. Le monument, aujourd'hui, n'était plus que l'ombre d'une gloire dédiée à l'ignominie de l'âme humaine.

Lyriel, qui avait déjà fait deux pas en avant se soucia subitement de la réaction de son compagnon. Il était clair qu'il n'avait aucune envie de traverser la zone des psychotiques.
- La dernière fois que j'ai traversé les souterrains et que je suis tombé sur cette banshee j'ai eu la chance d'être à proximité d'une armurie. Elle se retourna pour regarder droit dans les yeux le récupérateur. Je sais que c'est rare de tomber sur un tel démon issu des Enfers, mais si tu tiens à prendre le risque libre à toi. Malgré ta générosité ce n'est pas cette grenade IEM qui va nous sauver face à ce monstre de chair.
Effectivement vu sous cet angle le métro n'était pas très recommandable.

Le boulevard qu'empruntaient Paul et Lyriel était bordé de deux murs d'immeubles en ruine. Les bâtiments anciens devaient être autrefois fait dans une belle pierre blanche aujourd'hui passée au gris désolant. Maison détruites, routes parsemée de cratères, épaves de voitures affalées sur les trottoirs. Les terrasses des cafés encore étaient encore peuplées d'une clientèle morbide. Les squelettes vêtus de leurs beaux habits bouffés par les mites se tenaient avachis sur les chaises en plastiques dans des postures nonchalante dont seule la mort et le temps ont le secret. Et ce silence, ce silence si prompt à se rompre au moindre bruit, le laissant s'échapper dans les airs en échos infinis. Paul s'arrêta net devant la devanture d'un magasin éventré par un camion, le tout noirci par l'embrasement du véhicule.

- Que se passe-t-il ?
- Vous avez vu l'enseigne ?
Le panneau en plastique, cassé en deux, manquait de tomber sur le premier qui oserait franchir la vitrine brisée et de l'écrabouiller.
- La... Poste. Et alors ? Que veux-tu en faire ?
- De la récupération bien sûr ! Dès fois il y a une partie réservée au stockage des livraisons commandée avant la fin du monde.
À peine venait-il d'achever sa phrase qu'ils entendirent les hurlements et les rires déments d'une bande de psychotiques hurlant à plein poumons dans les rues de Paris.
- Ok ça me va. Entrons nous sommes à découvert ici et il ne vaudrait mieux pas que ces fils de Satan alarment d'autres fous furieux.
Paul ne se fit pas prier, il franchit la baie vitrée, sous l'enseigne branlante.

L'office se présentait par un hall spacieux servant de salle d'attente, Paul se pencha sur la carcasse d'une machine à photocopier pour finalement n'en rien tirer et avoir les mains couvertes d'une poussière noire très volatile servant, d'après lui, d'encre imprimable grâce à un laser. En face d'eux la pièce était séparée par un grand comptoir segmenté en plusieurs compartiments. Une poutre en acier était tombé dessus, les cadavres osseux écrasés étaient toujours bloqués en dessous. La Croisés et le récupérateur passèrent par-dessus et pénétrèrent à l'intérieur d'un local.
- Voilà ! Déclara Paul, visiblement satisfait.
Les autres murs étaient recouverts de casiers en bois, la plupart bouffés par les vers, dans certaines cases des boîtes en carton vermoulues. Il en prie une et l'ouvrit avec son couteau, il en sortit un objet emballé dans un étrange papier à bulles qui éclatées sous la moindre pression. C'est avec horreur que Lyriel vit ce contenait le paquet.
- Oh mon Dieu ! C'est un bébé ?! Mais il est tout petit et comment peut-il encore la peau sur les os après toutes ces années d'enfermement ? Il semble bien en chair en plus. Éloigne-toi de cette chose, ce doit être maléfique !
Loin de s'affoler Paul tira sur l'anneau derrière le dos du petit enfant, déroulant une ficelle.
- Que fais-tu ?! Quelle est cette chose ?
- Maman !
Le bébé écarta les bras vers Lyriel, son visage s'anima comme par enchantement, ses yeux clignaient, sa bouche remuait, puis subitement il se figea. Paul tira de nouveau redonnant vie à l'étrange enfant qui réclamait cette fois si son biberon.
- C'est un jouet pour enfant... rien de diabolique là-dedans, railla-t-il la Croisée réellement effrayée. Ça pourrait intéresser les chinois ça.

Alors que Lyriel ouvrait à son tour une autre boîte, Paul se pencha sur l'ordinateur, elle le regarda faire. Il démonta l'écran, glissa sa lame dans le joint et fit sauter la plaque de verre, plus elle passait du temps avec lui à l'observer et plus elle en apprenait sur le métier de la récupération. Lyriel avait une voiture téléguidée entre les mains, à croire que noël n'était pas loin. Elle retourna le jouet et le frappa sur le bord d'un meuble pour le casser. Elle en sortit une batterie peu puissante, mais suffisante pour refaire l'alimentation de la visière interactive de son heaume assisté. Les fouilles se poursuivirent sans grand succès avant qu'ils ne fourrent leurs trouvailles dans leurs sac à dos et ressortent du local.

Paul passa en tête, sauta au-dessus de la réception et s'apprêter à franchir la baie vitrée, suivi de Ly... Il n'entendit pas la Soeur Purificatrice derrière lui, quand il se retourna, Lyriel avait les mains au en évidence et surtout un pistolet posé contre sa tempe. Un homme la tenait en otage, à ses vêtements couverts de chaînes, de pointes et d'os il ne faisait aucun doute qu'il s'agissait d'un de ces psychotiques de l'Arc de Triomphe. Sans attendre il porta la main à la crosse de son flingue avant de sentir une lame se faufiler sous sa gorge. Trois silhouettes supplémentaires sortirent des ombres.
- Vous croyez quoi ? Qu'on connaît pas not' territoire ? Qu'on aurait pas entendu vot' bricolage là ?
L'haleine qui empestait dans les narines de Paul puait l'alcool et l'individu prêt de Lyriel avait les bras couverts de traces de piqûres. Le grincement de l'enseigne au dessus de son crâne attira l'attention de Paul, elle allait lâcher d'un moment à l'autre, Paul fit un clin d'oeil à Lyriel qui approchait discrètement ses mains des crosses de ses pistolets-mitrailleurs.

Citation:
Paul : 1 bébé automate / 1 écran informatique
Lyriel : 1 petite batterie


Dernière édition par Lyriel Divana le Ven 17 Déc - 23:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Réparer le Symbole de sa Foi 5 [Lyriel Divana, Paul ' Polo ' Kerleac'h]   Jeu 16 Déc - 15:36

Cinq Psychotiques contre un Prospecteur et une Croisée. Paul avait connu des jours meilleurs… Mais le grincement de l’enseigne sur le point de lâcher, au-dessus de sa tête, ainsi que le regard de Lyriel prête à agir, donnèrent à son cerveau un boost d’adrénaline. Il pensait savoir quoi faire. Sa main droite était toujours posée sur la crosse de son Beretta, dans son étui de poitrine ; le couteau de son agresseur se trouvait toujours sous sa gorge, par contre.

Un homme derrière Paul, deux à gauche, un à droite et un dernier qui tenait Lyriel en joue. Il fallait être rapide et très précis. Il espérait que la femme blonde pensait à la même chose que lui…

« Allez ! » cria Paul.

Il se jeta sur sa droite, la lame du punk lui entaillant le côté du cou. L’enseigne se détacha à ce moment précis, atterrissant lourdement sur le crâne du Psychotique avec un bruit d’os brisé et de la cervelle gicla hors de la boîte crânienne fendue. L’homme était déjà mort avant même de toucher le sol.
Paul dégaina son Beretta et visa le type qui tenait Lyriel en otage et tira. La balle sectionna une mèche de cheveux de la femme et vint se loger dans l’œil de son agresseur. La Croisée, elle, fit feu sur les deux Psychotiques qui, criblés de balles, s’effondrèrent sur un tas de vieux cartons poussiéreux.
Le dernier homme saisit sa mitrailleuse lourde et envoya une rafale continue, le canon de son arme faisant des allers-retours de droite à gauche. Il était manifestement sous l’emprise d’une drogue et devenait fou de rage.
Paul eut le temps de se réfugier derrière le comptoir, non sans sentir une brûlure dans son dos. Une balle l’avait probablement éraflé. Lyriel, elle, s’était jetée à terre et avait roulé sur le côté, s’abritant derrière un tas de gravats, non loin du cadavre sans tête.
Le Psychotique tirait toujours en direction de la femme. Les balles se logeaient dans les débris de béton, parfois ricochaient vers le plafond. L’homme riait à gorge déployée. De toute évidence, il avait oublié la présence de Paul, qui se risqua à jeter un coup d’œil sur le côté du comptoir derrière lequel il se terrait.
Le prospecteur était derrière l’homme, sur sa droite. Quatre ou cinq mètres les séparaient. Si Paul se ruait sur lui, il se ferait repérer et il se ferait déchiqueter par une salve de la sulfateuse. Il porta la main à son holster et n’y trouva pas son arme… Il avait dû la lâcher en sautant par-dessus le comptoir. Mais il lui restait son couteau. Il le sortit de son étui à la cuisse, le saisit par le bout de la lame et l’envoya d’un geste nerveux et sec en direction du fou furieux.
Malheureusement, Paul n’était pas un habile lanceur et le couteau vint se ficher dans le mollet de sa cible. Paul vit l’homme se retourner et ouvrir le feu dans sa direction, le manquant encore une fois de peu. Il visait le comptoir, qui commençait à partir en morceaux sous la puissance des balles. Paul se mit à courir à quatre pattes, se réfugiant derrière une armoire métallique. Les balles s’écrasaient dessus avec un bruit métallique ou rebondissaient.

S’étant aperçue que le Psychotique avait changé de cible pour une raison qui lui échappait, Lyriel osa se redresser et aperçut le dingue, à travers un épais brouillard de fumée et de poussière. Elle sauta par-dessus son abri de fortune et se rua sur le camé, pistolets-mitrailleurs à la main, et fit pleuvoir un déluge de balles.
L’homme fut transpercé par une douzaine de balles, et arrêta de tirer sur Paul. Il laissa tomber son arme et se retourna vers Lyriel, qui se tenait juste devant lui. Le punk lui vomit un flot de sang au visage avant de lui envoyer un crochet du droit au visage. La femme décolla du sol et s’écrasa deux mètres plus loin, sur les cadavres de ceux qu’elle avait exécuté quelques instants plus tôt.
C’est alors que Paul surgit de sa cachette et se jeta sur son Beretta, qui était resté par terre après qu’il ait abattu le deuxième de leurs agresseurs, et qui était à présent presque recouvert par une multitude de douilles. Le récupérateur saisit l’arme et tira sur le Psychotique qui chancelait, bavant du sang. Pleine tête. Il resta encore un instant debout, la tête en arrière, le cerveau s’échappant par l’orifice de sortie de la balle de Paul, puis s’écrasa au sol.

Le prospecteur soupira. Soudain, il se souvint de la femme blonde et courut vers elle.

« Lyriel ! Lyriel ! Vous m’entendez ?! »

Comme elle ne répondait pas, ni ne réagissait, Paul la gifla. Pas de chance, il se fit plus mal qu’autre chose, l’ayant frappée du côté bionique. Lyriel ouvrit les yeux à ce moment-là.

« Paul ? Par Dieu, où est l’hérétique ? »

« Ad patres, Lyriel, rassurez-vous. »
« Ad patres ? En enfer, tu veux dire. Jamais Dieu n’accepterait un tel rebut à ses côtés. Comment vas-tu ? »
« Pas trop mal, je crois. J’ai un peu mal à la main et au dos. »
« Fais voir ton dos. » Paul s’exécuta, soulevant sa chemise. « Mmmmh, rien de grave. Une belle balafre, c’est tout. » Lyriel se releva. « Il faudrait trouver de quoi nettoyer ça, quand même. »

Paul se leva à son tour et se dirigea vers son sac. Il en sortit une flasque métallique et une boîte de bois. De cette dernière, il extirpa un chiffon blanc.

« Soyez aimable, Lyriel, et lavez la plaie avec cette eau. »

Quelques instants plus tard, la femme avait fini de jouer les infirmières et Paul se mit à fouiller les cadavres.

« Je me doute que mes méthodes vous répugnent, Lyriel. Mais c’est comme ça que je survis. Je ne suis pas un guerrier, je n’ai pas de toit et je ne suis pas un chasseur de primes. »

Lyriel préféra étouffer ses critiques et se pencha pour reprendre le couteau de Paul, planté dans la jambe de l’homme criblé d’impacts de balles. Elle essuya le sang de la lame et la tendit au prospecteur, qui la remercia avant de ranger l’arme blanche dans son étui.
Paul trouva du Jet et trois anneaux sur le premier corps ; un couteau à la lame rouillée et du Med-X sur le deuxième ; un pistolet-mitrailleur 10mm sur le troisième, dont le chargeur était plein ; une barre à mine et dix anneaux sur le quatrième ; enfin, le dernier cadavre avait les poches pleines de Buffout.

Le récupérateur tendit le chargeur de 10mm à Lyriel après avoir rangé ses autres trouvailles dans son sac.

« Merci Paul. Grâce à Dieu, nous avons terrassé ces impies. »
« Grâce à Dieu ? » pensa Paul… « J’ai plus eu l’impression que c’est nos balles qui les ont plombés, ces salauds. »
« Bien. Tu es prêt, Paul ? On y va ? » reprit Lyriel.

Le prospecteur n’en revenait pas. Ils venaient d’échapper de justesse à la mort et elle faisait comme si presque rien ne s’était passé. Quelle femme, quel tempérament ! Paul réprima un frisson et suivit la Croisée à l’extérieur du bâtiment.



Citation:
Lyriel: +1 chargeur 10mm (30 balles)
Paul: +1 Jet, +3 Buffout, +13 anneaux

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MessageSujet: Re: Réparer le Symbole de sa Foi 5 [Lyriel Divana, Paul ' Polo ' Kerleac'h]   Jeu 16 Déc - 23:41

Froide, elle l'était indéniablement. Lyriel voyait bien chez Paul cette sorte de respect plus proche de la crainte que de la révérence, elle ne pouvait pas le nier cela lui plaisait. Ils l'avaient tous les deux échappés belle avec cette bande de tarés, la providence avait fait tomber l'enseigne au bon moment... Et dire qu'après ce genre d'évènement il y en a qui ne croient toujours pas en Dieu.

La route ne fut pas des plus agréables, le couple de Croisée récupérateur dut plusieurs fois se blottirent dans un coin, ramper sous une voiture ou se couvrir de débris en attendant que des groupes trop importants passent, la raison de Lyriel prenant le pas sur son devoir de pacification.
- J'ai mal au dos...
- Je sais Paul, mais plus tu y penses et plus ta plaie te démangera.
- N'empêche que j'ai mal au dos...
Soeur Carmine soupira en pensant aux Frères guerriers qu'elle avait pu voir blessés et qui retenaient encore leurs cris pour prier.
- Nous sommes bientôt arrivés, espérons que tu y trouveras de quoi te changer les idées.

Au bout d'une rue impraticable, jonchée de gravas, un bâtiment chaotique saisit les deux explorateurs. D'un commun accord inaudible ils restèrent sur place en admiration devant l'usine. À première vue tout cela ressemblait à un amalgame de métal ensanglanté de rouille, de béton noirci par la pollution, de grandes tours de fer se dressaient vers le ciel en crachant de léger nuages poisseux dans les airs. Les hangars étaient grands ouverts et avaient vomi des monticules de morceaux de voitures, obstruant ainsi ces ouvertures. Le bâtiments était entouré d'un grillage haut de trois mètres, séparé d'un parking clairsemé d'épaves cramées.

C'est Paul qui rompit le silence admiratif.
- Suivez-moi, la dernière fois que je suis venu je suis entré par un trou dans la grille.
Des trous dans la grille ce n'était ce qui manquait, mais les cadavres plus ou moins récents ne manquaient pas non plus, pourtant aucune arme de défense automatique en vue. Ils se glissèrent à travers le barrière grillagée et commencèrent à se déplacer vers l'entrée principale à pas de loup, les sens aux aguets.
- Qu'est-ce qui t'a fait rebrousser chemin la dernière fois ?
- Reuno...
- Reuno ? Qui est-ce ?
- Un homme qui vit là, il contrôle les robots et voit le moindre de nos mouvements.

Les portes vitrées s'ouvrirent devant eux, si Paul les franchit sans soucie, Lyriel fit un bon de peur qu'elles ne se referment sur elle. Ce qui interpella la Croisée ce fut l'aspect impeccable du carrelage et de la peinture sur les murs, sans parler du bureau en marbre de la réception, l'écran plat face à eux suspendu au plafond et...
- Bonjour monsieur, madame.
La voix synthétique d'un protectron habillé d'une perruque blonde les accueillit, son globe luminescent clignotant d'une couleur rose.
- C'est un sans-âme, ne te fie pas à son amabilité ça n'a rien d'humain ni de sincère.
- Madame, permettez-moi de me présenter je suis Sonia 612, réceptionniste de l'usine Renault.
- Je n'en ai que faire de votre identité pseudo humaine. Dîtes-nous plutôt ce qu'il en est de la sécurité.
- Vous requête ne fait pas partie de mes attributions. Veuillez reformuler votre question.
- Je haie ces machins.
Paul, plus patient s'amena à son tour.
- Qui est Reuno ?
- Reuno est le Président Directeur Général de notre société automobile depuis cent dix-huit années. Il veille au bon fonctionnement de l'entreprise, rencontre les fournisseurs, traite des contrats importants et se préoccupe du bien être de ses employés. Il est actuellement dans son bureau.
- Je crois qu'il est dans son bureau depuis un peu trop longtemps surtout.
- Si vous désirez visiter l'entreprise veuillez suivre le parcours jaune, si vous souhaitez acheter une voiture de notre gamme veuillez suivre le parcours rouge, mais avant si vous voulez bien vous avancer jusqu'à la ligne bleue s'il vous plaît.

Lyriel et Paul obéirent, il étaient face à un couloir qui menait droit dans les entrailles presque aseptisés dans cet univers de crasse. Au dessus de leurs têtes l'écran plat s'alluma, le portrait de profil d'un jeune homme blond en costume blanc rayés de noir apparu, adossé sur un siège en cuir, il ne fixait pas la caméra comme-ci cela lui été indigne. Un gros cigare rougeoyant laissait une élégante volute blanche s'envoler.
- Encore des visiteurs opportunistes à ce que je vois. Je me présente, je suis Reuno. Vous vous apprêtez à suivre un chemin déjà maintes fois parcouru par des aventuriers de votre acabit. Mon entreprise fait désormais davantage office de jeu macabre, dont la finalité aboutirait sans doute à un trésor fabuleux dans l'esprit des sauvages que vous êtes. J'ai déjà tenté de prévenir les premiers étrangers de rebrousser chemin, hélas leur cupidité et leur convoitise les ont pousser à braver mon avertissement. Je suis sûr que vous ma Soeur vous saisissez bien le sens de mes mots, expliquez donc un peu à votre ami récupérateur, ce qu'est le Lévitique de la Sainte Bible. Peut-être y trouverez-vous la raison qui vous fera renoncer à la technologie de mes machines.

- C'est quoi ce délire ? Questionna Lyriel en pointant du doigt la silhouette bourgeoise du dirigeant.
- Je ne sais pas précisément, quoi qu'il en soit à l'époque il n'en m'en avait pas fallu plus pour que je rebrousse chemin. Qu'est-ce que le Lévitique ?
- Ceux sont les consignes que Dieu à transmit aux hommes pour qu'ils soient saints. Des règles de vie vertueuses, les rituels pour l'absolution et ce qu'il faut éviter afin de ne pas être impurs. Notamment ne pas succomber à des défauts tels que la cupidité et la convoitise...


Dernière édition par Lyriel Divana le Ven 17 Déc - 23:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Réparer le Symbole de sa Foi 5 [Lyriel Divana, Paul ' Polo ' Kerleac'h]   Ven 17 Déc - 10:43

Paul leva les yeux au ciel. Si Reuno se mettait au prêchi-prêcha en plus de Lyriel, sa journée serait certainement la plus longue de sa vie. Le récupérateur et la Croisée ne recevraient pas d’aide divine dans cette usine car celui qui se prenait pour Dieu allait user de ses pouvoirs pour contrôler ses robots et ainsi leur mettre des bâtons dans les roues. S’ils voulaient explorer l’endroit, il leur faudrait tout d’abord désactiver le système de sécurité, et donc trouver Reuno.

« Nous allons suivre la ligne jaune, Sonia. »
« Très bien, visiteurs. Je me permets de vous précéder, afin de vous guider et de vous fournir des explications au sujet de l’usine. Procédons, voulez-vous?»

Le robot passa devant eux et s’engagea dans un couloir à gauche de l’entrée. Les lumières s’allumèrent au plafond, réagissant à son approche. Certains néons clignotaient, tintaient. Tout n’était pas en parfait état ici, finalement.
Paul regarda autour d’eux. Rien aux alentours, seulement Lyriel, le robot et lui. Sonia commença à débiter des informations sur les activités de l’usine avant la guerre, comme si l’holocauste de 2077 n’avait jamais eu lieu. Le prospecteur se baissa jusqu’à s’accroupir, continuant à suivre la machine, sous le regard interrogateur de Lyriel. Il la regarda, lui enjoignant de se taire en posant son index devant sa bouche.
Discrètement, il ouvrit une petite trappe située en bas du dos de la machine, qui cachait des fils, des diodes lumineuses et d’autres composants électroniques. La jeune femme blonde était admirative devant la précision des gestes du récupérateur qui avait l’air de savoir ce qu’il faisait. Allait-il reprogrammer Sonia en intervertissant des fils ? Allait-il actionner un interrupteur caché que seul un expert en robotique connaissait ?

Lyriel déchanta bien vite en voyant Paul saisir à pleines mains un gros tas de câbles et l’arracher brutalement. Des étincelles fusèrent et illuminèrent l’intérieur de la trappe, de la fumée s’échappa par les évents d’évacuation du robot, qui émit quelques sons étranges, sa synthèse vocale étant complètement déphasée. Sonia fit encore un pas et tomba sur le carrelage, le brisant en plusieurs endroits. La lumière au niveau de sa tête vacilla puis s’éteignit progressivement.

« Voilà qui est subtil, Paul. » railla la Croisée.
« Vous croyiez sans doute que je m’y connaissais vraiment en robotique ? Un prospecteur m’a montré un jour cette trappe sur une épave de Sécuritron et m’a conseillé de tout arracher pour avoir la paix. C’est ce que j’ai fait ! Je peux pirater quelques terminaux au codage simple, mais mes compétences ne vont pas plus loin… » sourit Paul. « Bon, maintenant que Sonia est hors d’usage, nous serons plus libres de nos mouvements. »
« C’est vraiment ce que vous pensez, cher ami ? » tonna une voix dans le couloir, celle de Reuno. « Je vois tout, je sais tout ici. J’observe le moindre de vos faits et gestes, rien ne m’échappe. Ce que vous avez fait à Sonia n’est pas acceptable. Je vais donc avoir l’honneur de vous présenter à un tout autre comité d’accueil. »

Au fond du couloir, une des grandes dalles au sol se souleva. Paul et Lyriel observaient, tétanisés. Il en sortit une machine noire, vaguement sphérique… et hérissée de deux canons de gros calibre.

« Minigun ! » hurla Lyriel. Elle enfonça une porte sur leur droite, saisit son compagnon d’infortune par le col et le jeta dans la pièce, avant de le suivre d’une enjambée.

Les fûts du robot de défense se mirent à tourner, ses moteurs ronflèrent et les balles de 5mm se mirent à pleuvoir. Les murs furent criblés d’impacts en une fraction de seconde ; les gravats s’accumulèrent sur le sol et de la fumée emplit le couloir, traînant avec elle une forte odeur de poudre. La tourelle, ne percevant plus de cibles hostiles à portée, cessa le feu, sondant le corridor avec ses capteurs.

« Merde, on fait quoi là ? Je vais pas me faufiler derrière ce truc pour lui arracher deux fils ! » ragea Paul.

Lyriel explora du regard la pièce dans laquelle ils se trouvaient. Des outils, des portières de voiture, des éléments de tableau de bord, des pneus… Rien dans ce bric-à-brac ne leur serait utile. Quoique…
La jeune femme se dirigea vers une portière et l’attrapa par la poignée intérieure, la soulevant à la hauteur de son visage.

« Et voilà un bouclier très convenable. Prends-en un, on va aller à l’assaut de cette machine sans âme cracheuse de mort. »

Paul sourit et empoigna une portière mais ne parvint pas à la soulever plus haut que son bassin. Il la reposa contre le mur, près des autres.

« Je ne suis pas aussi costaud que vous, Lyriel. Qu’allons-nous faire ? »

Pour seule réponse, la Croisée eut un rictus et sortit de la pièce à toute vitesse, courant vers le robot. Celui-ci la détecta et les fûts de ses canons rotatifs se mirent en branle. Juste avant qu’ils n’ouvrent le feu, Lyriel s’accroupit derrière la portière qu’elle tenait devant elle, rempart entre elle et les balles. La tourelle tira, constellant la tôle de petits impacts.
Lyriel serrait les dents et avançait le plus rapidement possible. Elle sentait les projectiles fuser tout autour d’elle, et contre son abri improvisé qui, pour l’instant, tenait bon. La femme blonde n’était plus qu’à deux mètres de la machine, maintenant.
Soudain, le déluge de plomb s’arrêta : le robot rechargeait ! Lyriel saisit sa chance et se précipita vers les canons et leur envoya un puissant coup de pied. Ils pointaient désormais vers le mur qui se situait derrière la tourelle. Lyriel se jeta sur eux et entreprit de les maintenir dans cette position, les serrant de toutes ses forces entre ses bras, prenant appui contre le mur.

« Paul ! » hurla-t-elle.

Il sortit de son refuge et vit Lyriel aux prises avec la machine. Il comprit instantanément ce qu’elle attendait de lui et courut dans sa direction. Il manqua de tomber en glissant sur des morceaux de mur ou sur des douilles de 5mm, mais parvint à rejoindre sa destination.
Le robot se débattait entre les bras de son assaillante. La trappe, à l’arrière des canons, sur sa « tête », ne cessait de suivre ses mouvements convulsifs et Paul avait du mal à l’atteindre.

« Paul, merde, dépêche-toi ! »
« Je fais ce que je peux ! »

Il arriva enfin à ouvrir la petite trappe et engouffra sa main. La machine se débattait toujours frénétiquement, tordant le bras de l’homme qui cherchait à la désactiver. Il grimaça de douleur et, soudain, ses yeux s’illuminèrent. Ses doigts avaient trouvé des câbles ! Il tira violemment dessus et tomba à la renverse, se cognant l’arrière du crâne à un mur.
Il s’évanouit.


Dernière édition par Paul 'Polo' Kerleac'h le Jeu 6 Jan - 21:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Réparer le Symbole de sa Foi 5 [Lyriel Divana, Paul ' Polo ' Kerleac'h]   Sam 18 Déc - 14:20

- … veille... ebout... aul ! Paul !
Paul sentit un choc indolore lui percuter le visage.
- Allez Paul debout ! Réveille-toi !
Brutalement les déflagrations des pistolets-mitrailleurs, le visage crispé de Lyriel, les gouttes de sueur sur son cou, elle se remit à couvert.
- Tu vas te bouger ou t'es devenu con ?!
Elle criait et lui ne l'entendait qu'en chuchotements, ses oreilles bourdonnaient un son suraigu, il referma les paupières. Une vive douleur au bras le ramena à la conscience, ses yeux fixaient le stimpack plantait dans sa chair.
- Ly... Lyriel ?
- Debout ! Il faut se tirer d'ici ! Ils nous ont acculé dans le couloir, mais la sortie est derrière eux.
Des boules de plasma la frôlèrent, elle mitrailla à tout va, Paul se risqua à jeter un coup d'œil, il y avait pas moins de huit robots fait de pièces de voitures. Ces étranges machines étaient maladroites, mais leur blindage avait fait ses preuves contre les balles cinq millimètres de tout à l'heure.
- Lyriel ! On peut les contourner par là.
Paul pointait du doigt la baie vitrée de la salle de la chaîne de production, effectivement elle pourrait l'amener jusqu'à l'autre bout du couloir sans que les machines ne puissent enjamber le muret.
- Non ! Il faut les attirer sinon tu vas te faire dessouder.
- Ça veut dire quoi '' je '' vais me faire dessouder ?
Lyriel bondit hors du couvert, elle cribla la vitre opposée à celle dont parlait Paul.
- Allez saletés de sans-âmes ! Venez par ici ! Paul dégage de là !
- Lyriel non !
Les faisceaux d'énergie vert fluo filèrent aussitôt sur Soeur Carmine qui passa à travers la vitre en plongeant à travers. Elle se releva d'une habile roulade et se remit à tirer, une des machines montée sur une roue de voiture eut son pneu éclaté, elle tomba par terre, remuant stupidement, incapable de se redresser.
- Paul tire-toi ! C'est un ordre !

Il hésita encore un instant ne comprenant plus très bien ce qui se passait, puis il se décida. Il arracha le stimpack de son bras, dégaina son beretta et vida le chargeur sur la baie vitrée qui se disloqua. Il sortit de son abris passa au dessus du muret, aucun tire le visant, les robots de Reuno était trop distraits par Lyriel pour se soucier de lui. Il rampa sur trente mètres, Lyriel continuait à se battre, elle n'aurait bientôt plus de munitions, pourvu qu'elle ait une issue. Arrivé au bout il se releva frappa à deux reprises sur le carreau avant qu'il ne se brise. Le bruit du verre éclatant sur le carrelage attira l'attention de quelques machines qui firent feu sur le récupérateur. Paul bondit au dessus du muret et détala comme un fou vers la porte, le carrelage sautait autour de lui sous les impacts des tirs au plasma, terrorisé il perdit l'équilibre, poussa de toute la force de ses jambes en un ultime bond en avant, s'étala par terre hors de danger. Sans perdre une seconde il pressa l'interrupteur et verrouilla la porte.
- Désolé Lyriel...
Le ricanement grave de Reuno retentit dans la pièce où il se trouvait maintenant.
- Comme c'est charmant ! Un autre écran s'alluma diffusant le profil arrogant de ce fameux PDG. Je n'aurai jamais crut que tu serais si prompt à abandonner ton compagnon. Ah ces Croisés et leur sens du sacrifice... Ils me fascineront toujours. Je n'ai jamais très bien compris comment vous pouviez développer de telles valeurs morales sur la base de mensonges pseudo divins plus que bancales. En tout cas, Paul, bienvenu sur mon parcours du combattants !
Le principe de cette salle était simple : la sortie était obstruée par un éboulement, il y avait un tapis roulant en activité où passaient des plaques de fer martelées à plusieurs reprises par de lourdes presses, seul moyen de sortir de là.

Lyriel jeta ses chargeurs vides, il y avait encore six de ces pantins qui ne cessaient d'avancer vers elle. Paul avait réussit à s'en tirer bien qu'elle crut qu'il ne parviendrait pas à franchir le seuil de la porte sous le feu ennemi. La Soeur pris la grenade IEM dans sa main.
- Paul, j'espère que tu m'as pas refourgué de la camelote là.
Elle arma la bombe, jaillit du bureau où elle s'était abritée et lança l'explosif sur la première machine qui pointa son canon sur elle. La grenade émit une série de '' bips'' stridents avant de lâcher une étincelle blanche et puis rien.
- Merde...
Une dôme fait d'arcs électriques d'un beau bleu saphir se forma, lacérant la carlingue des robots qui se tétanisèrent sur place, une fumée inquiétante sortant de leurs circuits imprimés. L'effet visuel s'atténua comme il était apparu et les adversaires de Lyriel tombèrent un à un définitivement grillés.
- Ce n'était pas très loyal, mais vous n'aviez pas l'avantage du nombre je vous le concède.
La télévision étant morte comme tout ce qui était technologique dans la pièce, c'était les interphones de la chaîne de production qui transmettait la voix de velours de Reuno.
- Je te jure que tu me le paieras cher sale ordure ! Ça t'amuses de nous regarder crever comme des rats ?!
- Oh voyons... On ne vous a pas dit au catéchisme qu'il était mal de jurer ? Permettez-moi également de vous rappeler, ma Soeur, que c'est vous qui êtes entrée chez moi. Maintenant que vous êtes séparés nous allons voir ce que vous valez individuellement. Puisque la force brute ne vous impressionne pas testons votre endurance, qu'en dîtes-vous ?
- Va pourrir en Enfer !
- Ah très bonne suggestion... Mettez en route la chaîne de production, fermez les cheminées de ventilation et activez le chauffage de la zone 3B. Lyriel, prenez garde à la température.
Toutes les portes étaient verrouillées, le tapis automatisé faisait un boucan du Diable et les turbines dégageaient fumée et chaleur, qui ne tarderaient pas à rendre l'atmosphère insoutenable.

Citation:
Lyriel : -1 stimpack / -3 chargeurs / -1 grenade IEM
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MessageSujet: Re: Réparer le Symbole de sa Foi 5 [Lyriel Divana, Paul ' Polo ' Kerleac'h]   Jeu 23 Déc - 22:07

Paul retira le chargeur vide de son Beretta et le jeta sous une des presses qui martelaient le tapis. Il fut réduit en une fine plaque de métal en un instant. Paul déglutit, rechargea son arme et se décida : il fallait qu’il avance. Pas le choix, de toute façon. Il visualisa son objectif : une ouverture d’une cinquantaine de centimètres de haut, au bout du tapis. Entre la sortie improvisée et le prospecteur : vingt mètres, et quatre presses. Pour corser le tout, le tapis allait dans le sens inverse à celui du trou dans lequel Paul voulait s’engouffrer.

« Désolé, Lyriel… » répéta-t-il, avant de s’élancer. La Croisée avait apparemment cessé de tirer. Soit elle n’avait plus de munitions, soit tous les robots étaient hors d’état de nuire, soit… non, autant ne pas y penser.

Paul avançait sur le tapis caoutchouteux. Au moins, ce dernier ne filait pas à toute allure, c’était déjà ça. Il n’était plus qu’à deux mètres de la première presse, qui faisait trembler le sol à chacun de ses martèlements. Le récupérateur étudiait le rythme des coups. Il devrait bientôt se jeter en avant en se glissant sous l’énorme pièce de métal. Si Paul ratait son coup, il mourrait sur le coup ou, au mieux, serait estropié, amputé d’un membre.

Maintenant !

L’homme courut au moment où la presse remontait. Il n’avait que trois secondes avant qu’elle ne retombe, et le tapis freinait sa course.

Il était passé ! Mais il fallait continuer à marcher à un rythme constant car s’il s’arrêtait, il serait écrasé par la broyeuse qu’il venait de franchir. Quatre mètres plus loin, son nouvel adversaire attendait, identique à l’obstacle précédent. Un cycle de trois secondes, encore. Cela devenait presque facile. Paul s’approcha et compta une nouvelle fois… Allez !

La deuxième presse était derrière lui. La troisième martelait le tapis devant lui, à cinq mètres… plus rapidement que les autres. Deux secondes. Paul chassa le désespoir qui commençait à l’envahir pour le remplacer par une hargneuse volonté de survivre à tout ça et d’aller retrouver Lyriel avant d’aller dire deux mots à Reuno. Il fallait qu’il se concentre et qu’il donne tout ce qu’il avait.

D’une impulsion brutale, il passa sous la presse qui s’écrasa tout juste derrière lui, le frôlant de peu. Paul prit peur et perdit l’équilibre un court instant, pendant lequel il cessa de courir. Le tapis l’entraîna en arrière, vers la troisième presse… qui retomba sous son nez, manquant de lui réduire les pieds en bouillie. Il plaqua ses mains sur les pistons de la machine, prenant appui, et s’en éloigna en poussant de toutes ses forces sur ses bras. Il atterrit sur le tapis, presque allongé sur le dos.
D’un mouvement sec, Paul se retourna et se mit à ramper à toute vitesse, avant de finalement parvenir à se relever. Son cœur battait à tout rompre, prêt à lâcher. Il sentait son sang pulser sur ses tempes. Il décida en une fraction de seconde de profiter de cet afflux d’énergie et d’adrénaline pour se ruer sous la quatrième et dernière broyeuse, vers la sortie providentielle. Il ferma les yeux et courut, hurlant de toutes ses forces.

Lorsqu’il rouvrit les paupières, il rampait dans l’embouchure. Le piège était derrière lui. Il ne comprit pas comment il avait fait, mais qu’importe : il avait passé cette épreuve en vie. Un rire hystérique sortit de sa bouche, et il tomba du tapis sur un sol poussiéreux. Il avait changé de salle.

Il s’éloigna du tapis, hagard, et observa la pièce dans laquelle il se trouvait. Quelques terminaux informatiques, dont les écrans fourmillaient de lignes de code incompréhensibles, illuminaient un coin de la pièce. Non loin, quelques casiers métalliques, débordant de dossiers desquels s’étaient échappées quelques feuilles qui gisaient désormais par terre. Face aux ordinateurs, contre un mur, un siège et un bureau. En bon récupérateur, Paul en ouvrit les tiroirs, qui contenaient deux liasses d’argent d’avant-guerre et une carte magnétique. Elle serait peut-être utile pour forcer quelques systèmes de sécurité ou à ouvrir une ou deux portes. Il fourra ses découvertes dans son sac à dos.

Soudain, il se rendit compte que la pièce était baignée dans une lueur rougeâtre qui ne provenait pas des écrans des terminaux informatiques. Elle venait d’une grande fenêtre que Paul n’avait même pas vu. Il s’en approcha et s’arrêta net.

De l’autre côté de la vitre se tenait Lyriel. Des ampoules rouges étaient allumées dans la salle où elle se trouvait. La Croisée avait un genou à terre et semblait suffoquer. Des ondulations de chaleur déformaient sa silhouette. Paul examina la pièce : manifestement, les évents d’aération avaient été clos et la température avait augmenté. Il fallait qu’il réagisse avant que la jeune femme n’aille vérifier par elle-même si ce qui lui avait été conté au sujet d’une éventuelle vie après la mort était vrai.


Citation:
- 1 chargeur de Beretta
+ 2 liasses de billets (argent d'avant-guerre)
+ 1 carte magnétique (utilité inconnue)

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MessageSujet: Re: Réparer le Symbole de sa Foi 5 [Lyriel Divana, Paul ' Polo ' Kerleac'h]   Ven 24 Déc - 0:05

Lyriel tomba à genoux, le visage suintant de transpiration. Elle était prise au piège, aucun issue de secours. Elle s'épongea le front du revers de la manche, elle était épuisée et sa tête penchée vers le sol, trop fatiguée pour se tenir encore droit. Elle vacillait prête à se laisser tomber sur le sol et à repenser une dernière fois aux rares bons souvenirs de sa vie. Elle se mit à sangloter comme une petite fille perdue, mais elle ne regrettait rien. Grâce à elle Paul avait une chance de s'en tirer, pourvu qu'il sache saisir cette occasion, comme sa mère l'avait fait pour elle, elle se sacrifiait.

Reuno devait être en train de la regarder cuire sur place, se réjouissant du spectacle. Lyriel fixa l'une de ces caméras avec une expression amer de défiance. Oui elle tiendrait jusqu'au bout comme ça, qu'il sache qu'elle n'avait pas peur de mourir, qu'il le voit et que cela l'effraie ! La mort est une récompense pour un Croisé de l'Atome, Samael viendrait la chercher pour l'amener auprès de Dieu. Enfin la paix, enfin le repos, rencontrer celui qu'elle servait si ardemment. Elle se mit à sourire. Non la mort n'était pas un drame pour elle, loin de là.

Paul cherchait désespérément un terminal qui pourrait régler la chaleur dans la pièce où se trouvait Soeur Carmine. Il tapotait frénétiquement sur les claviers, appuyait sur les boutons des unités centrales espérant que l'une d'entre elle s'allume sur le bon programme, rien n'y faisait. Il enchainait les écrans, pousser les sièges pour finalement les envoyer promener d'un coup de pied au fur et à mesure que sa patience laissait place à la panique de la voir rendre son dernier souffle. Il leva brièvement la tête vers la vitre sans teint... Elle souriait... Etait-elle devenue folle la mort approchant ? Non ça correspondait bien au personnage, elle ne donnerait jamais le plaisir à Reuno de la voir le supplier de la laisser vivre.

Il s'évertua encore une fois sur un gros ordinateur... Non il ne voyait rien d'autres que des plans étranges qui ne représentaient pas une ville ou quoi que ce soit de semblable, mais plutôt des engins complexes dont l'utilité n'était pas claire.
- C'est quoi tout ça ?!
Il envoya l'écran de l'ordinateur valdinguer contre le carreau qui ne brisa pas le moins du monde. Ce devait-être blindé en plus de ça. Lyriel avait entendu le bruit elle s'approcha de la vitre, s'aidant de son épée comme d'une canne, elle se laissa tomber devant ce qu'elle croyait être un miroir et se mit à appeler Paul.
- Paul... Tu es là ?
Il se précipita à son tour criant le nom de Soeur Carmine.
- Lyriel ! Je suis là ! Je vais t'aider je vais trouver quelque chose !
Elle n'entendait rien, le récupérateur frappa du poing, Lyriel sentit les tremblements et sut que Paul était derrière.
- Paul ne t'inquiète pas ! Continue ton chemin, ne reste pas là à me regarder !
- Non... Non je ne peux pas...

Il prit une chaise roulante par le pied et l'utilisa comme bélier, il frappa encore et encore avant d'entendre les sarcasmes de Reuno.
- Ça ne sert à rien ce que tu fais !
- Libérez là !
- Et pourquoi donc ? C'est vous les intrus ici. Vous payez le prix de votre crime.
Il était inutile de discuter avec l'étrange aristocrate, il n'avait que faire de voir une femme agoniser. Paul recommença à fracasser le carreau avec plus d'ardeur. Lyriel se redressa et recula de trois pas, il ne savait pas quelle température il faisait de l'autre côté, mais elle semblait vraiment mal en point. Malgré tout Paul comprit ce qu'elle allait faire. Elle brandit sa lame droit devant elle et s'élança dans une ultime charge désespérée. Paul s'écarta à temps, avant que la lame ne transperce le verre. Elle venait de faire une brèche et donc de fragiliser la cloison. La Croisée tomba sur le côté, évanouie, Paul repoussa l'épée, prit sa chaise et s'éloigna jusqu'au fond de la salle informatique.
- Que vas-tu faire pauvre sauvage ? Tu n'y arriveras pas !
- C'est ce qu'on va voir...
Il se mit à courir de toute la force de ses jambes, les bras tendus devant lui et percuta le baie vitrée. Il s'étala par terre sans comprendre ce qui venait d'arriver. Il y avait pleins de morceaux de verre autour de lui et il fut prit de violentes bouffées de chaleur, il avait réussi il était passé au travers.

Il s'empressa de se relever et de trainer Lyriel dans l'autre pièce, une fois fait il la secoua par le col en l'implorant de se réveiller. Il lui envoya une paire gifles.
- Réveille-toi !
- Si tu t'avises de me frapper encore une fois je t'enfermerai avec ce fou de Reuno...
Paul se mit à rire nerveusement, il lui avait sauvé la vie à son tour.
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MessageSujet: Re: Réparer le Symbole de sa Foi 5 [Lyriel Divana, Paul ' Polo ' Kerleac'h]   Mar 4 Jan - 22:29

La pauvre Lyriel était mal en point. Avant toute chose, il fallait lui redonner des forces. Paul l’assit dans un coin de la pièce, le plus loin possible de la vitre brisée et de la chaleur qui s’en échappait, et ouvrit son sac à dos. Il en sortit sa gourde métallique, la déboucha et l’approcha de la bouche de la Croisée.

« Buvez, Lyriel. Doucement. »

La jeune femme prit quelques gorgées d’eau fraîche. Elle esquissa un sourire de soulagement, presque de plaisir. Mais ce sentiment devait lui être étranger, se dit Paul, voire interdit. Dommage de se priver volontairement d’un des rares réconforts que le monde actuel puisse encore procurer.
Lyriel remercia Paul du regard et hocha la tête. Il reboucha sa flasque et la rangea dans son sac, duquel il extirpa un stimpak. Après avoir retroussé une des manches de la tenue ivoire de la blonde, il entreprit de lui injecter le contenu de la seringue. Lyriel lui saisit le poignet, avec mollesse.

« Qu’est-ce que tu fais ? » marmonna-t-elle, manifestement encore épuisée par l’épreuve qu’elle venait de traverser.
« Pas de panique, je vais juste vous redonner un peu de jus avec ce stimpak. Ce n’est pas interdit chez les Sœurs Purificatrices, que je sache… » railla-t-il.

La Croisée grommela, trop lasse pour répliquer et menacer Paul avec son épée en le traitant de blasphémateur. Le récupérateur introduisit l’aiguille dans le creux du bras de la jeune femme et appuya sur le piston. Le liquide rouge se déversa dans ses veines, irriguant son corps d’une énergie bienfaitrice. Elle se sentait revivre ; elle pencha la tête en arrière et soupira.
Paul retira précautionneusement l’aiguille et jeta la seringue vide à l’autre bout de la pièce. Il s’assit près de la femme, dos au mur et s’accorda deux minutes de répit. Puis il se releva et réfléchit à ce qu’il fallait faire. Lyriel irait bien mieux dans quelques minutes, c’était déjà ça. Mais Reuno , lui, était en pleine forme et ne s’arrêterait certainement pas là en ce qui concernait son intention de leur mettre des bâtons dans les roues.

La chaleur se dissipait, maintenant : leur hôte avait sûrement réactivé la ventilation. Paul en profita pour examiner la pièce où Lyriel avait bien failli trépasser. Une porte, verrouillée ; des grilles de ventilation, trop étroites pour que l’un d’entre eux puisse s’y faufiler… Non, rien de bien intéressant ou d’utile pour eux. Et rien à récupérer non plus !
Paul retourna vers Lyriel. Elle s’était relevée à l’aide de son épée et avait encore l’air un peu faible.

« Merci Paul, tu as assuré sur ce coup-là. »
« Je vous devais bien ça. Vous allez mieux ? »
« Ouai, ça peut aller. Donnez-moi cinq minutes et je serai de nouveau d’attaque pour lui administrer ses derniers sacrements, à ce Reuno. »
« Je vous reconnais bien là. En attendant, trouvons un moyen de sortir d’ici. La porte de la salle où vous étiez semble solidement fermée, je ne saurai pas la crocheter. Quant à la trappe par laquelle je suis arrivé, n’y pensons pas. Les conduits de ventilation sont trop étroits pour vous comme pour moi, aussi. Il y a peut-être une porte dérobée quelque part, je n’ai pas eu le temps de bien regarder quand je suis arrivé ici. »

Lyriel acquiesca et se mit à observer l’endroit où ils se tenaient. A première vue, rien à part des terminaux, un bureau et des casiers, que Paul avait dû fouiller, se dit-elle. La jeune femme se rapprocha des terminaux informatiques. Paul, pendant ce temps, inspectait les cloisons. Il s’immobilisa près du bureau.

« Aha ! Je sens un courant d’air ici. C’est léger, mais il y a une ouverture ici, c’est sûr ! »


Lyriel vint à lui et reconnut qu’il avait raison. Un mince filet d’air frais se dégageait du mur ! En passant sa main, elle sentait des irrégularités sur la cloison. Mais elle ne vit ni poignée, ni aucun système d’ouverture.

« Nous voilà bien avancés. Notre seule issue est un mur. »

« Trouvons un moyen d’ouvrir cette porte. J’ai trouvé une carte magnétique tout à l’heure : peut-être qu’elle sert à ça. »
« Une carte ? Très bien. » dit Lyriel en observant les alentours. Son regard se posa sur le côté du bureau. « Paul, regarde là ! »

Sur le flanc du bureau était fixé un petit appareil noir. C’était un boitier tout simple, équipé d’une fente. Paul sourit à Lyriel et sortit la carte de son sac. Il la fit glisser dans la fente, et un sifflement se fit entendre.

« Que diable faites-vous ? »
s’exclama Reuno. Sa voix exprimait une certaine angoisse, tout d’un coup.
« Laisse le diable où il est, impie ! » lança la Croisée. « Chaque pas que nous faisons nous rapproche de toi. Il est encore temps de fuir… Mais tu ne serais pas un bon hôte si tu ne me laissais pas le plaisir de m’occuper moi-même de ton cas. »

Le sifflement laissa place à un chuintement, celui que faisait le mur qui glissait, s’enfonçant dans le reste de la cloison. Une lumière éclaira l’intérieur du passage : un escalier se dressait devant eux.

« Arrêtez ! »

Paul et Lyriel se regardèrent, conscients qu’ils se tenaient devant ce qui semblait mener à leur adversaire. Le prospecteur passa devant et se mit à monter les marches. La jeune femme lui emboîta le pas, son épée à la main : elle était maintenant en pleine possession de ses moyens et n’attendait qu’une chose : planter sa lame dans le ventre de ce Reuno et le vider de ses entrailles.
Ils tombèrent face à une porte en métal ; elle était verrouillée et munie d’un petit terminal, sur le côté. Paul trouva le bouton d’alimentation et un petit clavier se déplia de sous l’écran, qui s’illumina aussitôt.

« Il faut qu’on arrive à pirater cet ordinateur. »

« Ouai, j’ai ma méthode. » fit la Croisée, ouvrant le sac de Paul. Elle en extirpa une grenade IEM. « Allez Paul, à couvert ! »

Elle avait déjà dégoupillé la grenade et l’avait déposée sur le terminal. Paul dévala les marches, suivi de près par Lyriel. Le couloir fut soudain illuminé de bleu, couleur caractéristique d’une décharge électromagnétique. Ils se retournèrent et virent l’écran qui fumait, laissant échapper quelques étincelles. Le gros verrou de la porte métallique se retira en grinçant.
Ils remontèrent les marches, Lyriel devant cette fois, décidée à faire payer le prix fort à l’homme qui avait bien failli leur faire mordre la poussière dans son usine maudite.
Elle ouvrit la lourde porte et se retrouva dans une petite pièce bourrée d’écrans allumés, qui montraient l’usine de tous les points de vue possibles. Une console centrale était là, bardée de boutons multicolores, devant une silhouette avachie dans un fauteuil. Le dossier du grand siège cachait le visage de l’homme.

« Reuno, on te tient ! Lève-toi si tu es un homme ! » rugit Lyriel.
« Attendez, Lyriel. Regardez. » dit Paul, lui saisissant le bras. Il désignait quelque chose du doigt.

La Croisée regarda dans la direction indiquée par le récupérateur, et vit une autre console informatique, contre le mur, derrière le fauteuil. De cette console s’échappaient une bonne vingtaine de câbles. Ils s’étalaient sur le sol et remontaient le long du haut dossier du fauteuil pour finir... où ?

Paul et Lyriel eurent leur réponse. Le siège pivota et révéla le visage de Reuno. Le haut de son crâne était un dôme de verre, à l’intérieur duquel se trouvait un cerveau humain. Les câbles qu’ils venaient de voir terminaient leur course dans la nuque de l’homme bionique. Un de ses yeux était humain, contrairement à l’autre qui brillait d’une lueur verdâtre. Ses bras étaient faits de métal et se terminaient par des mains aux doigts griffus. Quant à son torse, c’était un enchevêtrement repoussant de chair boursouflée et de câbles. Enfin, ses jambes semblaient humaines de l’extérieur, mais ses pieds avaient été remplacés par un étrange système de roues de caoutchouc montées sur pistons.

« Surpris ? » grinça la créature.



Citation:
Paul: -1 Stimpak, -1 Grenade IEM, -25cL d'eau, -1 carte magnétique
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MessageSujet: Re: Réparer le Symbole de sa Foi 5 [Lyriel Divana, Paul ' Polo ' Kerleac'h]   Jeu 6 Jan - 21:59

Un rob-homme... Un sans âme... Une aberration créée par des hommes qui ont osé se prendre pour des dieux créateurs. Les qualificatifs ne manquaient pas à Lyriel pour appeler cet objet singeant une humanité factice. Un objet... Rien de plus, conçu pour jouer le chien de garde machiavélique du vestige d'une civilisation erronée, capable de mettre entre les mains d'un automate pseudo patron la responsabilité de vies humaines.

- Surpris ? Articula-t-il avec un faux semblant de délectation.
La Croisée et le récupérateur toisèrent la créature bionique, s'attardant bien malgré eux sur les détails sanglants de cette œuvre du mal. Issue du crâne dérangé d'on ne savait quel savant plus proche du boucher que du véritable chirurgien, amalgame dérangeant de souffrance vivante et de froideur robotique.

- Rassurée, je dirai plutôt... Souffla Lyriel, dérangée par ce condensé effroyable de tout ce qu'elle pouvait abhorrer.
La réponse tira un rictus malade à Reuno, il avança son torse infâme et se laissa tomber sur ses bras robotiques, faisant crisser le fer de ses coudes sur le bois du meuble.
- Rassurée par quoi ? Je ne suis pas vraiment humain ? C'est cela qui vous rassure ? Et moi je suis déçu de voir qu'une religieuse se permet de venir piller ma propriété. Est-ce ce genre de conduite que l'on vous dicte à Notre Dame ?
- À Notre Dame on nous apprend qu'il est un devoir divin que de reprendre les ruines de l'Humanité aux mains perverses des créatures démoniaques de votre espèce. Vous avez détourné cette usine de production en un jeu malsain pour satisfaire vos simulacres de plaisirs morbides. Au lieu de ça, elle aurait pu servir à la reconstruction de Paris et...
- Oui oui, bien sûr... Rengainé votre tirade consensuelle. Vous savez aussi bien que moi comment le monde tourne dehors. Si j'avais ouvert les portes de mon entreprise une bande de dégénérés n'aurait pas tardé à tout détruire et si ça n'avait pas été eux, et bien c'est la F.N.F qui serait venu se servir pour produire toujours plus d'armes. Alors dîtes moi ma Soeur qu'aurait-il fallut faire ? Rendre ce lieu mystérieux, lui offrir une réputation d'où on ne revient jamais et faire miroiter un trésor hypothétique n'était-il pas la meilleure chose à faire ?
Le globe cervicale de la bio-machine brillait d'une étrange lueur rougeâtre.
- Vous auriez dû la remettre à Dieu...

Reuno applaudit, une lueur de malice brillant dans son regard autant artificiel que celui de Soeur Carmine.
- Votre Dieu ! Rétorqua-t-il sur le ton du mépris, Lyriel posa la main sur le pommeau de son épée. Comment pouvez vous encore croire en Dieu ?! Mais regardez donc autour de vous bandes d'ignares ! Votre Dieu n'existait déjà pas avant l'apocalypse, alors pourquoi existerait-il aujourd'hui ?!
La Croisée fracassa sa lame sur le bureau du PDG synthétique, faisant un boucan du Diable, avant de la faire tournoyer en l'air et d'arrêter son geste à quelque millimètres des tuyaux de la gorge de Reuno. Le monstre de chair et de métal en costume se raidit, sans arrêter néanmoins de défier Soeur Carmine des yeux.
- Et bien quoi ? Reprit-il. Qu'est-ce qui vous arrête ? Allez-y ! Tuez-moi ! Tuez-moi pour ce que je suis ! Tuez-moi pour avoir essayé de survivre comme vous ! Tuez-moi pour avoir mis en place cette distraction ! Regardez-moi ! Je suis vissé sur cette chaise et je ne peux rien faire ! Cette fenêtre devant moi n'est qu'une torture humaine pour mieux me faire comprendre à quel point ce que je vois ne me sera jamais accessible ! Vous croyez que je ne souffre pas ?! Vous croyez que je ne suis qu'une horreur ?! Moi aussi j'ai peur de ne plus exister ! Moi aussi j'ai une âme !
Un tension sourde s'imposa entre Lyriel et Reuno, avant d'être rompu par le jugement inquisiteur de la croyante.
- Vous n'êtes qu'une machine... Et Dieu n'a pas doté les choses d'une âme.
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MessageSujet: Re: Réparer le Symbole de sa Foi 5 [Lyriel Divana, Paul ' Polo ' Kerleac'h]   Ven 7 Jan - 14:57

« Dieu n’a pas doté les choses d’une âme. »

A peine avait-elle prononcé ces mots que Lyriel tranchait la gorge de Reuno. Un liquide poisseux, immonde mélange de sang et d’huile, jaillit de la trachée du bionique et gicla sur la grande console qui lui faisait face. Les instruments électroniques crépitèrent au contact du liquide et un écran s’affola soudain. Il affichait apparemment les signes vitaux de Reuno et l’ordinateur central avait repéré que quelque chose ne tournait pas rond. L’homme-robot n’arrivait plus à parler ; seuls des gargouillis incompréhensibles s’échappaient de sa bouche, mêlés à des flots de sang huileux. Il porta ses mains griffues à l’entaille, tentant de contenir le fluide qui s’en écoulait, mais en vain. L’écran montrait une jauge qui se vidait à toute vitesse. Dans quelques instants, c’en serait fini de lui.

Paul était tétanisé. La Croisée avait exécuté Reuno de sang-froid, en un instant, et le regardait agoniser, les yeux rivés sur lui ; elle marmonnait quelque chose d’inaudible, sûrement une prière ou des paroles relatives aux derniers sacrements… Son visage était moucheté par des gouttelettes de liquide sombre, son œil organique était exorbité tandis que l’autre avait pris une teinte rouge vif, comme s’il brûlait de l’intérieur.

Le prospecteur n’en revenait pas. Il ne comprenait pas que quelqu’un ait eu recours à ce point aux implants bioniques, mais Reuno n’en restait pas moins un être humain… enfin, il le supposait. Il ne savait plus rien, il était perdu en cet instant. Que penser de Reuno ? Et de Lyriel ? Que faire ?

La jeune femme était une vaillante guerrière à l’esprit brouillé par un dogme obscurantiste. Elle avait eu des réactions incompréhensibles depuis qu’ils s’étaient rencontrés et, il devait l’avouer, il se méfiait d’elle. Il ressentait de la colère, de la terreur, de l’angoisse…

Reuno s’était vidé de ses fluides vitaux. Il gisait maintenant dans son fauteuil, une de ses mains encore crispée sur sa gorge, l’autre sur l’accoudoir de son fauteuil. Un dernier râle s’échappa de sa bouche tordue de douleur, et ce fut fini. Lyriel ferma alors les yeux et soupira, avant de rengainer son épée et de s’approcher de la dépouille.
Elle saisit l’homme-robot par la nuque et le projeta sans ménagement sur les terminaux informatiques, arrachant les câbles au passage. Alors qu’il commençait à glisser vers le sol, Lyriel le retint de la main gauche, et entreprit d’arracher le dôme de verre de sa tête avec la droite. La demi-sphère transparente céda aisément et se détacha avant de s’écraser par terre, volant en éclats. Le cerveau de Reuno – était-ce bien le sien, en définitive ?- resta un instant dans la cavité crânienne, puis suivit le même chemin que le dôme, mollement. Lyriel fouilla l’intérieur du crâne et en extirpa un objet rectangulaire.

« Voilà la pile à fission qu’il me fallait ! »
annonça-t-elle fièrement.

Paul ne put se retenir plus longtemps et se détourna pour vomir. La Croisée agissait comme si elle n’avait aucune compassion, aucun remords, aucune morale sinon celle de son credo. Elle se targuait d’avoir une âme ? Impossible, vu les atrocités qu’elle pouvait commettre.

« Paul ? Que se passe-t-il ? Ne me dis pas que le sort de cette chose a une importance à tes yeux ! »


Le récupérateur régurgita une fois de plus. Il fallait qu’il se ressaisisse. Il fallait…

« Bon, eh bien pendant que tu dégobilles, je vais voir s’il n’y a pas de visière plasma dans le coin. Ce serait parfait pour faire réparer mon armure. »


Cette femme n’était-elle qu’une exécutrice ? Qu’un bras vengeur avide de répandre son courroux ? N’y avait-il personne pour lui dire qu’elle faisait fausse route ?
Paul parvint enfin à se redresser. Il s’essuya la bouche et observa Lyriel. Elle inspectait les consoles et fouillait les armoires métalliques, sans prêter attention à lui.

Les yeux de Paul brillaient d'une lueur de colère. Il se dirigea vers Lyriel.


Citation:
Lyriel: +1 pile à fission
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MessageSujet: Re: Réparer le Symbole de sa Foi 5 [Lyriel Divana, Paul ' Polo ' Kerleac'h]   Sam 8 Jan - 23:19

Soeur Carmine fit le tour du bureau de Reuno, qui était aussi démesuré que pouvait l'être son ego. Elle découvrit un coffre fort avec un code digital et une poignée, elle s'agenouilla, tourna la poignée, le coffre s'ouvrit.
- Pourquoi le verrouiller puisque jamais aucun '' sauvage '' ne pourrait parvenir jusqu'à toi ?
Elle déposa sur le meuble deux pistolets plasmas, un stealth boy et pas moins d'un vingtaine de liasses de billets d'avant guerre.
- Si tu veux bien je vais prendre un pistolet à plasma et ce drôle de bracelet. J'en ai déjà entendu parlé il paraît qu'il peut rendre invisible celui qui le porte. Je pense que Tchin Tchin acceptera que je le paie avec ces objets.
Elle regardait Paul droit dans les yeux, attendant une réponse qui ne vint pas, elle fronça les sourcils, fit glisser le second flingue high-tech ainsi que l'argent en papier vers lui.
- Je peux savoir ce que tu as ? Demanda-t-elle sans daigner croiser son regard, d'un air las, elle se doutait très bien de la raison pour laquelle Paul ne répondait pas.
- Vous le savez parfaitement...
La réponse laconique déclencha un petit rire méprisant de la part de la Croisée.
- Et bien quoi ? Tu vas m'obliger à parler à ta place ? Tu vois Paul, ton problème est là ! Je peux te marcher dessus comme ça me chante tu n'auras jamais le cran de t'opposer à moi.
Le récupérateur serra des poings, Soeur Carmine passa à côté de lui, le dépassa, fit quelques pas et voyant qu'il ne l'a suivait pas, elle rajouta...
- Alors tu viens ou tu vas bouder encore longtemps ? Tu as récupéré ce que tu voulais ici, ta cupidité de récupérateur sera bientôt assouvie non ?
Le ricanement qu'elle s'autorisa fit déborder le vase.

Paul fit volt-face, prit Lyriel par le col et la plaqua violemment contre le mur. Sa tête cogna sur les briques, mais trop fier pour montrer sa douleur, elle se renfrogna.
- Maintenant vous allez m'écouter ! Vous ne réalisez pas une seule seconde ce que vous faites ! Vous justifiez votre violence par votre foutue religion. Moi j'en ai vu des Croisés donner de la nourriture gratuitement à des mendiants ou d'autres se battre pour défendre un village oublié par FNF contre des psychotiques ? Mais Vous... Vous entrez là comme ça et vous exécutez Reuno tout ça parce qu'il n'est pas vraiment humain ! Vous ne valez pas mieux que lui ! Vous aussi vous êtes un monstre ! Paul sortit les objets qu'il avait récupéré pour l'armure de Lyriel et les lui flanqua au visage. Tenez, prenez ce pour quoi vous êtes prête
à tuer. C'est insupportable ! À haque fois je me demande si ce ne sera pas mon tou...

Lyriel l'attrapa par la gorge, le serrant d'une poigne de fer, la fin de sa phrase se perdit en gargouillis asphyxiés. Paul essaya de prendre son neuf millimètres, mais la guerrière lui tordit le poignée l'obligeant à lâcher son arme.
- Ton tour ? Peut-être bien ! Vu la manière dont tu défends si ardemment cette machine ! Tu t'es stupidement laissé berner par son discours, par un programme ! Je suis intransigeante ça je te l'accorde, mais permet-moi au moins de me justifier avant de me sauter à la gorge. J'ai vu la laideur humaine dans tout ce qu'elle avait de plus abject ! D'où crois-tu que me vienne cette prothèse ?!
Paul tomba à genoux, incapable de reprendre son souffle, cherchant désespérément à avaler la moindre bouffée d'air fraiche.

Lyriel fit le tour du bureau de Reuno et se posta derrière son fauteuil, puis posa ses mains sur les épaules du cadavre exsangue.
- Avant j'étais encore naïve et innocente. Oui moi aussi j'ai cru en la beauté de l'âme humaine, je me disais que l'humanité était une race vraiment magnifique pour avoir élaborer un dogme si pure autour de Dieu. Le jour où ma mère adoptive me demanda de trouver ma propre Bible je suis tombée sur un homme qui se disait prêt à m'aider dans ma quête. Lorsque j'avais l'attention détournée il a planté une aiguille dans mon coup, le produit qu'elle contenait m'a paralysé, ensuite il m'a violé et m'a arraché l'œil avec une lame de couteau...
Chacun de ses mots inondaient un peu plus le vestige de son visage de larmes rageuses. Paul commençait à réaliser qui était en face de lui. Il se releva, se massant la gorge, endolorie par la pression qu'elle avait exerçait dessus. Il s'apprêtait à répondre, mais elle le coupa une fois de plus.
- Alors excuse-moi d'être ce que je suis Paul ! Mais aujourd'hui Lyriel est morte et j'ai hérité d'un nouveau nom qui est Soeur Carmine ! Je ne crois pas que l'Homme soit profondément bon, alors désormais ceux qui réclameront mon pardon je les tuerai, seul les fidèles du Seigneur mériteront ma clémence. Et cette chose n'est pas un fidèle de Dieu !
Elle arracha la dépouille de Reuno de son siège, le soulevant au-dessus de sa tête et le projeta par la baie vitrée qui éclata en un milliers de fragments scintillants. Ce fut le bruit sourd du corps heurtant les pavés qui acheva la tirade de Soeur Carmine.

Soufflé par ce geste Paul resta pétrifié par ce mauvais mélange de mélancolie et de colère et malgré tout il comprenait, enfin. Lyriel n'était plus là, elle était partie...

Citation:
Paul : - tas de pièces électroniques / - 1 écran d'ordinateur / 20 liasses de billets d'avant-guerre / 1 pistolet plasma
Lyriel : tas de pièces électroniques / 1 écran d'ordinateur / 1 pistolet à plasma / 1 stealth boy
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MessageSujet: Re: Réparer le Symbole de sa Foi 5 [Lyriel Divana, Paul ' Polo ' Kerleac'h]   Dim 9 Jan - 15:56

Le prospecteur ne savait plus où il en était, rongé à la fois par la colère, l’incompréhension, la compassion… et l’envie de vomir, encore une fois. Que fallait-il penser de la jeune femme ? Que devait-il faire maintenant ? Paul, d’un naturel neutre mais penchant du « bon côté », ne pouvait se résoudre à sombrer dans la violence, mais avait quand même du mal à se faire à l’idée qu’il faudrait tolérer les accès de rage de Lyriel.
Il réussit finalement à reprendre son souffle et se releva lentement. La Croisée ne le quittait pas des yeux à présent, sans doute prête à le trancher en deux au moindre geste suspect.

« Vous allez me tuer, Lyriel ? »

Le regard de glace de la blonde ne vacilla pas, et aucune parole ne sortit de sa bouche.

« Je ne suis pas croyant. Pas même agnostique. J’ai renié Dieu il y a bien longtemps maintenant. Ce qui fait de moi votre ennemi. Allez-vous me tuer ? »

Paul vit le regard de la Croisée se durcir encore plus, sa main se crisper sur la poignée de son épée, ses mâchoires se serrer.
Une goutte de sueur froide perla sur la tempe du récupérateur. Il savait que c’en serait fini de lui, si sa voix avait la mauvaise intonation ou s’il prononçait un mot de trop.

« Mais moi aussi j’ai mon histoire. J’ai vécu moi aussi des choses pas très jolies. Ma mère, mon père… C’étaient des gens simples qui essayaient de rester en vie sans emmerder personne. Ils ne méritaient pas ce qui leur est arrivé. Si votre Dieu existe, j’espère qu’il a une bonne excuse. »

Paul avait prononcé ces derniers mots presque sans réfléchir, et se dit qu’il aurait dû éviter de sortir sa dernière phrase. C’était typiquement le genre de réflexion qui pouvait faire sortir Lyriel de ses gonds.
Une longue, très longue minute passa, sans qu’aucun d’eux ne parle. Ils se contentaient de se fixer, tentant de se sonder l’un l’autre.
La glace du regard de Lyriel avait laissé place à de la lave prête à jaillir. Paul craignait pour sa vie, mais arrivait à ne pas trembler et à maintenir un semblant de prestance face à la jeune femme.

Soudain, la Croisée de l’Atome relâcha la pression qu’elle exerçait sur la poignée de son épée et laissa pendre sa main le long de son corps. Elle se retourna et commença à fourrer le Stealth Boy, le pistolet à plasma, les câbles et l’écran dans son sac, muette comme une tombe.
Une fois ses affaires ramassées, elle se retourna et marcha vers la sortie, sans un regard vers Paul. Arrivée près de l’escalier, elle s’immobilisa, lui tournant le dos.

« Paul, si je ne te tue pas, c’est parce que tu m’as sauvé la vie malgré nos différences de point de vue. Tu es un hérétique à mes yeux, mais Dieu voudrait que je te pardonne. Par contre, mon respect n’ira pas plus loin que ça. Si tu es d’accord, nous allons retourner au Marché de la Gare vendre nos trouvailles, et faire réparer mon armure. Dès que ce sera fait, nos chemins se sépareront. »

Le prospecteur hocha la tête et ramassa les liasses de billets et le pistolet à plasma restant, remit son sac sur son dos et inspira profondément.

« Allons-y » lâcha-t-il enfin.

Lyriel descendit aussitôt l’escalier. Paul regarda une dernière fois en arrière. Tout était dévasté dans le bureau de Reuno, les consoles avaient cessé de clignoter, les moteurs de ronronner. Le sang de l’homme bionique constellait les murs.
Paul soupira et suivit la jeune femme.

La porte de la salle dans laquelle Lyriel avait failli mourir était à présent grande ouverte. La mort de Reuno avait dû court-circuiter les verrous et le système de sécurité en général. Ils sortirent donc de l’usine sans peine. La nuit était tombée entre-temps.
Ils revinrent donc sur leurs pas, jusqu’à arriver à proximité de l’Arc de Triomphe. Des cris de joie, de bagarres, de verres brisés s’en échappaient. Les négriers s’amusaient bien, apparemment. Paul et Lyriel restèrent néanmoins dans l’ombre, le plus loin possible, pour ne pas attirer l’attention des gardes en faction à l’entrée de la zone.

Une fois hors de vue, ils continuèrent à longer les murs de la grande avenue en face de l’Arc, et parvinrent à l’entrée de métro qu’ils avaient croisée plus tôt dans la journée : Concorde.
Arrivés là, ils obliquèrent au sud pour suivre une nouvelle fois la Seine. Ils n’avaient rien dit depuis leur départ de l’usine de Reuno, et c’est Lyriel qui rompit le silence. Elle venait de pousser un cri de surprise.

« Qu’est-ce qui se passe ? »
« Un truc vient de me choper la jambe ! Merde ! »

Un tentacule poisseux s’était enroulé autour de la cheville de la Croisée et essayait de l’entraîner dans l’eau croupie. Un mollusque vitreux, certainement ! Il fallait agir vite.
Lyriel se cramponnait de toutes ses forces à un vestige de banc en métal, riveté au sol. Le céphalopode tirait si fort que les boulons commençaient à céder.

« Paul, tranche-le, bordel ! »

Le récupérateur sortit l’épée de Lyriel de son fourreau, la souleva et l’abattit sur le tentacule visqueux, le découpant net. Le mollusque poussa un cri rauque avant de s’enfuir silencieusement sous l’eau sale.
Paul arracha le bout de tentacule qui restait ventousé à la jambe de la jeune femme et l’aida à se relever. Il lui tendit sa lame.

« Merci. En route, maintenant. »

Le prospecteur ne s’attendait pas à plus de la part de Lyriel. En même temps, il valait mieux qu’ils s’en tiennent à ça plutôt qu’ils s’affrontent !

Le reste du chemin fut calme jusqu’à leur arrivée à la Gare. Leur aventure commune touchait à sa fin.
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